Rennes : Le rapport qui épingle la métropole

Rennes : Le rapport qui épingle la métropole

La chambre régionale des comptes a publié un rapport d'observations critique sur la gestion de Rennes Métropole depuis 2011, notamment de ses transports et ressources humaines. Son président s'en explique.

Dans le rapport de 57 pages que vient de publier la chambre régionale des comptes sur la métropole rennaise de 400.000 habitants, la gestion budgétaire de l'institution est jugée "perfectible"... La critique fuse : "Les débats d’orientation budgétaire produits durant la période examinée (Ndlr, exercices 2011 et suivants) manquaient d’une vision prospective et les données fournies sur les dix budgets annexes étaient insuffisantes".

Le métro plombe la fiscalité des ménages

Et la chambre de poursuivre par un bon point : "Fin 2014, la situation financière consolidée du budget principal et des budgets annexes transports et déchets était satisfaisante, avec un excédent brut de fonctionnement représentant plus de 30% des recettes de gestion entre 2011 et 2014." Mais l'organisme de contrôle note un budget principal "cependant marqué par une progression des dépenses plus importante que celle des recettes". Ce sont le subventionnement des transports et la construction de la deuxième ligne de métro à Rennes (1,2 Md€) qui l'expliquent avec un endettement qui représente moins d’une année de capacité d’autofinancement fin 2014 et qui "pourrait atteindre plus de 6,6 années en 2018". Résultat : une "hausse sensible de la fiscalité des ménages" est mentionnée depuis 2011.

S'agissant du métro d'ailleurs, la chambre relève "l'absence d’évocation de la construction de la seconde ligne de métro, investissement pourtant majeur", dans le plan de déplacement urbain (PDU) élaboré pour la période 2007-2017 avec des objectifs et des mesures envisagées "très généraux, voire imprécis". Ce qu'Emmanuel Couet, président de Rennes Métropole, balaye d'un trait en répondant que ce plan, en 2007, "ne pouvait évoquer la seconde ligne du métro car celle-ci n'était, à ce stade, qu'en phase d'études".

Temps de travail : un surcoût de 800.000 euros

C'est aussi la gestion des ressources humaines (mutualisée avec celle de la ville de Rennes, soit une direction de 156,7 emplois ETP) qui pose question. "Le pilotage doit être mieux formalisé, selon la chambre régionale des comptes qui épingle un "surcoût annuel de près de 800.000 euros" dans la gestion du temps de travail (dérogatoire à la durée légale de 1.607 heures). En cause : "un régime d’autorisations d’absences très favorable aux agents".