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Rennes : L'Atelier Le Mée décroche le Vendée Globe
Rennes # Industrie # Investissement

Rennes : L'Atelier Le Mée décroche le Vendée Globe

À Saint-Grégoire, aux portes de Rennes, l'Atelier Le Mée fête ses 60 ans cette année. L'occasion de revenir sur le développement de cette société de confection de drapeaux (21 salariés CA : 2,2 M€) qui innove toujours et veut s'implanter en Vendée, où elle vient de remporter un appel d'offres pour tout le village du Vendée Globe.

« Si je gagne cet appel d'offres du Département de la Vendée, j'ouvre une agence là-bas avec deux salariés pour se développer sur la Loire-Atlantique - Vendée ! » Vincent de Lambert s'était lancé ce pari cet été. Depuis, la bonne nouvelle est tombée : l'Atelier Le Mée qu'il a repris en 2003 a gagné le marché du prochain Vendée Globe. Objectif : habiller tout le village de la course. Sa diversification dans le monde sportif et l'embauche d'un spécialiste du monumental en février 2016 portent leurs fruits. L'atelier de Saint-Grégoire s'est déjà illustré pour la transat Jacques-Vabre, mais aussi auprès de fédérations sportives, notamment de tennis (fanions de la Coupe Davis), handball, Ufolep, rugby... Il a fourni 750.000 drapeaux pour la Coupe du monde de rugby et plus récemment pour le Top 14, à Rennes.

En croissance
Depuis quatre ans, Le Mée a aussi son propre service de pose. « Nous avons l'outil et le savoir-faire. » Lorsqu'il a repris l'entreprise de la famille Le Mée, Vincent de Lambert comptait neuf salariés, pour 800.000 euros de chiffre d'affaires. Aujourd'hui, son atelier emploie 21 personnes (même si l'effectif est monté à la quarantaine) pour plus de deux millions d'euros de business. Le dirigeant met un point d'honneur à être « toujours rentable » et « en croissance ». Au premier semestre 2016, il enregistre + 14 %, « sur un marché global assez compliqué », précise-t-il.

30 % de drapeaux
Réputé pour sa qualité et sa réactivité, l'Atelier Le Mée fournit toujours les associations d'anciens combattants, les sapeurs-pompiers et les collectivités en drapeaux à franges, écharpes de maires et autres étendards, mais aussi les fanions brodés pour les clubs sportifs, par exemple le Stade Rennais. Suite aux attentats de novembre 2015 et l'appel lancé aux Français par le Président de la République, les ventes de drapeaux tricolores se sont envolées, représentant 650 factures d'un coup. L'élection présidentielle de 2017 devrait déclencher la même frénésie. « Nous sommes prêts ! Le drapeau est un produit phare qui représente 30 % de notre chiffre d'affaires, confie Vincent de Lambert. Nous nous sommes beaucoup diversifiés », rappelle-t-il ouvert à toute clientèle, « du syndicaliste à l'ancien combattant ». Depuis 2003, ils disposent d'un site web dédié (Eurodrapeau.com). La saisonnalité du drapeau - de mars à septembre - a poussé l'entreprise à se diversifier et à investir : 200.000 euros en 2015 en machines numériques, salle blanche...

Le boom du stand en tissu
Aujourd'hui, l'atelier breton imprime des bâches (dont une de 100 m² pour le Roazhon Park), des papiers peints personnalisés, des toiles tendues, pour décorer un mur ou un stand, etc. Plus léger et donc plus pratique ! Le tissu tendu fait un carton depuis un an. « Nous avons investi dans une machine plus grosse qui nous permet de passer d'1,6 à 2,5 mètres de laize. Le stand en tissu se développe beaucoup, comme le beach wing (oriflammes en forme de plume) », précise Vincent de Lambert qui n'a en revanche rien touché des derniers JO ou de l'Euro 2016 de football.

Place à l'électroluminescence
Dernière trouvaille de l'atelier qui a aussi une gamme de signalétique, panneaux de chantiers et d'adhésifs et de décors de vitrines commerçantes : l'électroluminescence. Développées par la Nasa, ces feuilles souples et magiques permettent d'illuminer n'importe quel support la nuit. « Le marché n'est pas encore mûr et je suis un petit artisan », admet Vincent de Lambert qui vient quand même de lancer ses premiers produits à la rentrée, notamment du flocage de véhicules. Consommant trois fois moins d'énergie que la technologie Led, le film électroluminescent se branche simplement sur un allume-cigare. « Nous n'avons quasiment pas de limite », sourit Vincent de Lambert, toujours en quête de défis. Il avait ainsi réalisé le plus grand drapeau breton du monde : 320 m². Pour l'instant il ne l'a pas exporté. L'international ne représente que 2 % du chiffre d'affaires de Le Mée : la Suisse pour les montres Omega, un peu la Belgique et l'Afrique. Peut-être une piste d'avenir ?

Atelier Le Mée


(Saint-Grégoire) DG : Vincent de Lambert 21 salariés CA : 2,2 M€ 02 99 38 83 00 www.eurodrapeau.com

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