Les créateurs
Renaud Collin, le président, a créé un prototype de table tactile dans le cadre de son projet de fin d'études à l'école Polytech de Grenoble. Il s'est entouré de Patrick Servais, directeur commercial, et Thomas Lévêque, directeur technique. L'équipe de cinq associés est complétée par deux conseillers scientifiques : Didier Donsez, professeur au Laboratoire informatique de Grenoble ; et Nicolas Vuillerme, maître de conférences.
Les débuts
Créée en août 2013 avec un capital de 30.000 euros, Digitale interactive est incubée au sein de Gate 1 (ex-Grain). Les fondateurs ont déposé un dossier pour obtenir le statut de Jeune entreprise innovante (JEI). Se définissant comme éditrice de logiciels, l'entreprise de Domène (38) base son business model sur la vente de solutions logicielles, leur maintenance et l'abonnement à des services. « Nous pouvons vendre le matériel à prix coûtant pour entrer chez un client, affirme Renaud Collin, puis vendre les logiciels et leurs applications. » Digitale interactive s'adresse à quatre marchés différents et imagine des modulations de business model suivant les secteurs. « Nous avons cassé les prix face à nos concurrents en travaillant les coûts avec nos partenaires et fournisseurs. »
Les marchés
La cible principale des créateurs est celui de la restauration. « C'est là que réside notre plus gros potentiel. Mais le marché n'est pas encore mûr, admet Renaud Collin. Le produit reste cher. » Un contrat vitrine a été décroché avec "Max à table", un restaurant bordelais qui se définit comme « un fast-food connecté » où les clients peuvent personnaliser leur burger, prendre leur commande et la régler depuis la table interactive. À terme, une telle table permettra également de jouer, consulter des informations locales, visionner des publicités, ou encore participer à des événements de type speed dating ou blind test musical. Une table, qui respecte les normes de la restauration (solidité, hygiène, étanchéité, etc.) coûte 5.000 € à 7.000 €. « Les applications sont réalisées sur-mesure, selon les besoins et envies du client », assure le président. Les autres marchés sont plus évidents d'accès comme l'accueil du public avec des vitrines, des bornes ou des tables basses interactives, que ce soit en mairie, dans un parc national, un musée, un salon, etc. C'est sur ce créneau que se trouve la plus importante concurrence. Les autres débouchés sont des marchés d'usage, comme par exemple le travail collaboratif, ou du sur-mesure.
Les faiblesses
« Nous manquons de notoriété, admet sans ambages le président. Nous sommes trop jeunes, avec peu de références. Nous ne pouvons par exemple pas répondre à des appels d'offres, à moins de passer via des partenaires qui nous sous-traite. La concurrence sur le secteur des bornes tactiles est très importante ; c'est un marché mûr mais grand, nous pouvons nous y placer car nous avons les prix les plus bas. » Sur le secteur de la restauration, deux concurrents ont été identifiés, l'un Ukrainien, l'autre Israélien. Ce qui fait dire à Renaud Collin qu'« il n'y a pas le choix : nous devons partir à l'international. Si nous restons en France, le développement sera trop lent. Nous visons donc l'Europe dès 2015 ».
Les projets
Avec des clients dans tous les secteurs visés, Digitale interactive se prépare à voir croître rapidement son chiffre d'affaires, notamment « si la restauration décolle ». Et le président fourmille d'idées pour faire adopter son concept au plus grand nombre. Par exemple, il réfléchit à une offre de vitrine interactive proposant de l'information et de la publicité. « L'année 2014 nous sert à affiner nos offres et notre packaging, à mettre en place un réseau de partenaires et de prescripteurs. » Avec un premier chiffre d'affaires de 100.000 € et un objectif de 1,5 M€ en 2015, la jeune société estime avoir « besoin de 100.000 € pour finir sa phase de lancement en recrutant encore quelques personnes, en plus des huit qui forment l'équipe actuelle, pour renforcer le commercial et développer la R & D. Mais nous n'aurons pas besoin de lever des fonds avant le stade du développement, dans deux ou trois ans », affirme Renaud Collin.
www.digitale-interactive.fr
Logiciel. Digitale interactive conçoit des logiciels et les intègre à des tables interactives. La société iséroise mise sur le marché prometteur de la restauration.