Remettre les pendules à l'heure

Remettre les pendules à l'heure

Nous vivons dans un drôle de pays. Un pays où certaines personnes sont payées pour un temps de travail qui n'est jamais effectué, sans que l'on puisse remédier à cette incongruité. Certes, il ne faut pas attendre des salariés, ni de leurs représentants syndicaux, qu'ils réclament de travailler plus... pour gagner autant. En revanche, il est surprenant qu'une telle situation ait pu être initiée par des élus responsables de la dépense publique. Et compte tenu de la situation actuelle, il est insupportable d'entendre certains édiles considérer que rien ne doit changer. Au conseil départemental de Gironde, les 6.477 agents effectuent 1.550h par an, et non 1.607h. Soit 192 emplois de différence, nous apprend le journal Sud Ouest. Et l'on compte 26 jours d'absentéisme par agent et par an. Quelle conclusion en tire Hervé Gille, vice-président chargé des RH ? « La différence (entre les heures payées et réalisées) n'est pas si importante. Quant à l'absentéisme, nous en avons moins que dans beaucoup d'autres collectivités ». Formidable ! Surtout ne rien changer ! Plusieurs communes sont confrontées au même problème. Il y a peu, un maire m'expliquait qu'il était scandalisé par cette pratique, mais que ne pouvant prendre le risque d'un bras de fer avec ses fonctionnaires, il préférait attendre une injonction de la Cour des comptes. Pendant ce temps-là, les contribuables payent... A Mérignac, les agents municipaux peuvent dormir sur leurs deux oreilles : « J'ai indiqué aux syndicats que le passage aux 1.607h n'était pas une priorité », déclare le maire Alain Anziani. Stratégie différente à Pessac, où Franck Raynal s'attaque au problème... et doit désormais gérer des grèves à répétition. Espérons que le bon sens l'emporte et qu'il fera entendre raison à ses agents municipaux, puis que d'autres élus suivront son exemple. @email Twitter :@YannBuanec