Le projet de réforme des CCI était à l'ordre du jour du Parlement les 27 et 28avril derniers. À cette même date, la CCI Marseille-Provence organisait en parallèle à la Maison de la chimie à Paris une conférence intitulée «Métropoles et développement économique: une valeur sûre dans le Big Bang territorial» afin de défendre le fait métropolitain et sa cohabitation avec une future organisation régionalisée des CCI. Pour Jacques Pfister, président de la CCIM-P, le projet de réforme, justifié par l'objectif de réduction des coûts exprimé par la Révision générale des politiques publiques (RGPP), ne tient pas compte des évolutions proposées par la réforme des collectivités territoriales qui reconnaît l'existence de métropoles comme véritables centres de décision et d'expertises pour leurs territoires. «Il y a une tendance à l'uniformisation des statuts au sein du réseau des CCI, et les grandes chambres, sur des aires à vocation métropolitaine ne bénéficient d'aucune compétence particulière et se voient noyées dans l'ensemble du réseau», regrette Jacques Pfister.
Le plafond des 35%
Le vrai problème en jeu est en fait lié à la représentativité des CCI au sein des futures CCI régionales. «Nous avons demandé que l'attribution des sièges au sein de la nouvelle CCI régionale se fasse au poids économique de chaque CCI. Dans ce cadre-là, nous pesons 42% du territoire (Nice représente moins de 25%, ndlr). Or, désormais, une partie du texte prévoit qu'aucune CCI ne pourra détenir plus de 35 ou 45% des sièges, selon le nombre de CCI existants dans le territoire. Selon ce principe, nous ne représenterons plus que 35%. Dans une telle configuration, il existe un double risque. Un contre pouvoir peut ainsi apparaître face à la grande CCI, ce qui me semble contraire à l'esprit de la RGPP. Si on ne nous donne pas notre juste poids, la réforme va chloroformer le réseau. Ce plafonnement n'incite en outre pas au rapprochement avec d'autres CCI de notre territoire, puisque nous resterions toujours limités à 35%. Ce seuil à lui seul est presque un motif de refus de la réforme», commente Jacques Pfister. Ainsi, les huit CCI à envergure métropolitaine proposent un amendement visant à supprimer ce plafond. «Il faut une réforme plus volontariste... », conclut-il.
Alors que le projet de réforme des CCI était à l'ordre du jour du parlement les 27 et 28avril derniers, la représentativité des chambres au sein des futures CCI régionales entraîne un débat qui a conduit les CCI à envergure métropolitaine à monter au créneau. Jacques Pfister milite de son côté pour la suppression du plafond des 35%...