L'entreprise de Domène, dont l'activité consiste au recyclage de piles et accumulateurs et à la valorisation des métaux qu'ils contiennent, est confrontée pour la première fois depuis sa création en 1993 à une situation délicate. Le problème tient au report sine die du projet de construction d'une nouvelle usine au Pont-de-Claix. En effet, Récupyl (25 salariés, CA2011 consolidé: 2,7M€) avait parié sur une technologie basée sur des performances de recyclage hautes qu'est venu remettre en question un règlement complémentaire à la directive européenne sur le recyclage des accumulateurs. «Il y a eu un changement de règle du jeu à la marge. Dans ce contexte, il n'était pas réaliste de construire cette usine», reconnaît Guillaume Charpy, le directeur général. Le projet, d'un montant de 5M€, prévoyait la création de 25 emplois dont un redéploiement des collaborateurs actuellement employés sur la ligne pilote de Domène. «Les relais de croissance ne sont pas dans le projet sur lequel nous avions travaillé», poursuit le directeur. Pour l'heure, ce sont les implantations à l'étranger (Espagne, Pologne, Singapour et États-Unis) qui portent l'activité de Récupyl. À Domène (siège et R&D), l'heure est à la réorganisation, mais elle ne s'opère pas sans casse: trois emplois sont sur la sellette. «C'est un repositionnement et non un repli. Nous prenons des dispositions pour permettre l'industrialisation ultérieure de nos projets. Nous ne sommes pas en train de délocaliser. Nous ne procédons pas à des licenciements pour contenter nos actionnaires», insiste le directeur général. Ce que contestent les salariés, qui demandent à ce qu'une entreprise qui «perçoit différentes subventions de la région Rhône-Alpes, du Conseil général de l'Isère et autres, (...) rende des comptes sur des licenciements injustifiés.»
www.recupyl.fr
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