Recrutement : PME cherchent informaticiens
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Recrutement : PME cherchent informaticiens

Informatique. Les entreprises brestoises peinent à trouver les bons profils d'ingénieurs informaticiens. Résultat: des postes qui restent vacants plusieurs mois, freinant parfois la croissance de ces sociétés. Témoignages.

«Nous sommes en pleine croissance, mais la dynamique est ralentie par le manque d'informaticien», se désole Frédéric Serre, directeur de Vehco à Brest (40 salariés). Le site finistérien représente 50% de la R & D du groupe suédois, spécialisé dans l'informatique embarqué et logiciels de gestion de flotte de véhicules. Ses ingénieurs informaticiens développent des applicatifs web d'aides à la décision (gestion en temps réel de la flotte par exemple) et des ordinateurs de bord permettant, par exemple, de contrôler une température pour les poids lourds frigorifiques. Et pour cela, l'entreprise a besoin de gens expérimentés. «Nous cherchons surtout des chefs de projets, avec cinq ans d'expérience et qui parlent au moins l'anglais car nous sommes présents dans onze pays», détaille le directeur. Un employeur trop exigeant? Frédéric Serre dément: «Nous prenons régulièrement des apprentis des écoles brestoises. Il y a un très bon vivier, entre Telecom Bretagne et l'Ensta ou encore l'Enib. Mais cela ne suffit pas, explique-t-il. Pour les postes stratégiques et de coordination, on a besoin de gens d'expérience.

» Cécile Frère, chargée de ressources humaines chez SII (502 collaborateurs dans l'Ouest) ne dit pas autre chose. Cette société de service informatique travaille dans trois secteurs: système informatique, infrastructures et réseaux et développement de logiciels pour tablettes ou mobiles. SII recrute actuellement 90 personnes dans l'Ouest. Les profils les plus recherchés sont très précis: Java Jee et GWT. En clair, des spécialistes de ces interfaces web. «Ce ne sont pas des sujets vu dans les écoles. Il faut avoir fait quelques années en entreprise», indique-t-elle. Sur les dix derniers recrutements de SII dans la région, «au moins 50% avaient cette compétence GWT.Nous sommes constamment en recherche sur celle-ci.»




Délai de recrutement long

Chez Vehco, six postes sont à pourvoir en ce moment. Le temps de recrutement est en général de six à huit mois. «C'est long mais nécessaire pour trouver la bonne personne.» Un temps qui, selon le dirigeant, ne pourrait être employé à former un jeune diplômé. «On ne remplace pas 5 à 10 ans d'expérience avec quelques mois de formation.» Celle-ci est parfois possible, encore faut-il que le client accepte un certain délai. «Aujourd'hui, on nous demande beaucoup de réactivité. Les contrats arrivent vite et nous avons peu de visibilité sur le marché», constate Cécile Frère. Ce n'est qu'au pied du mur, quand le profil recherché n'a pas été trouvé, que la société de service négocie un report de la mission avec le client, afin de former des informaticiens. «En général, c'est plutôt à nous de nous adapter», ajoute-t-elle. Le vivier de jeunes diplômés brestois est donc intéressant mais pas suffisant. Aussi parce que les entreprises du secteur sont nombreuses. «Quand on voit un candidat, il a souvent plusieurs autres entretiens derrière», dit Anne Bombenger, responsable recrutement chez ASI (330 personnes en France dont une dizaine en permanence à Brest). Certains tentent aussi de faire marcher la concurrence. «C'est surtout vrai pour Rennes et Nantes, mais les exigences salariales et géographiques sont parfois excessives», regrette-t-elle.




Séduire les cand






idats

Pour convaincre les bons profils, les entreprises mettent donc en place différentes stratégies, du suivi de carrière personnalisée chez ASI à la mise en avant des atouts d'un groupe international, comme chez Vehco. L'entreprise brestoise fait aussi appel à un cabinet extérieur pour recruter. «En interne, c'est beaucoup trop "chronophage". 98% des réponses ne sont pas du tout adaptées!»

Pour Frédéric Serre, «Il vaut mieux laisser cette tâche à des professionnels.» Car le réseau à son importance. Pour trouver la perle rare sur ces compétences très recherchées, il faut aussi accepter d'aller débaucher. «Ce n'est pas impossible», avoue Frédéric Serre.

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