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RebrAIn utilise l'IA pour améliorer le traitement des maladies neurodégénératives
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RebrAIn utilise l'IA pour améliorer le traitement des maladies neurodégénératives

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La start-up RebrAIn a développé un logiciel utilisant l'intelligence artificielle pour cibler les zones du cerveau dans le cadre d'opérations de malades de Parkinson ou de tremblements. Elle structure l'activité de sa filiale américaine et espère une levée de fonds en série A pour accélérer son déploiement commercial aux États-Unis, marché clé, et en Europe.

Emmanuel Cuny, Nejib Zemzemi et David Caumartin forment l'équipe dirigeante de la start-up girondine RebrAIN — Photo : RebrAIN

Les créateurs

La start-up deeptech girondine RebrAIn (19 collaborateurs) a été fondée par Emmanuel Cuny, neurochirurgien au CHU de Bordeaux et Nejib Zemzemi, chercheur à l’Inria. "Je travaillais sur un projet avec l’IHU Liryc (institut des maladies du rythme cardiaque) pour identifier des régions du cœur à cibler pour traiter les patients atteints d’arythmie. Les problématiques sont très semblables entre l’identification des régions dans le cœur et dans le cerveau", explique Nejib Zemzemi. Si la société est née 2021, elle est le résultat de nombreuses années de travaux pour transformer des recherches lancées dès 2015. Les deux cofondateurs ont été rejoints l’an dernier par David Caumartin, un cadre au profil business qui a travaillé plus de 25 ans dans des sociétés Medtech.

Le concept

RebrAIn a développé un logiciel prédictif dédié au traitement des maladies neurodégénératives, notamment la maladie de Parkinson ou le tremblement, des opérations de "chirurgie très lourde" et invasive.

Grâce à des algorithmes d’intelligence artificielle alimentés par des données cliniques de patients déjà opérés, l’outil va aider les chirurgiens à identifier de manière plus précise et rapide les zones du cerveau à cibler lors des opérations de stimulation cérébrale profonde (implantation d’électrodes dans le cerveau).

La promesse : "diviser le temps d’opération par deux", et gagner en précision dans le ciblage des zones du cerveau. Ce point fait d’ailleurs l’objet d’une étude médico-économique, toujours en cours, associant 128 patients dans 11 cliniques françaises.

Si la start-up cible en premier lieu les malades de Parkinson ou atteints de tremblements, elle réfléchit déjà à étendre la liste aux patients souffrant d’épilepsie, d’addictions, de dépressions ou de TOC (troubles obsessionnels compulsifs). Elle a aussi obtenu un second marquage FDA l’an dernier pour étendre sa solution aux traitements des lésions. "C’est une piste potentielle grâce à de nouvelles technologies, en particulier pour les ultrasons focalisés, qui permettent de traiter sans ouvrir le cerveau".

Les perspectives

Le logiciel de RebrAIn, accessible en abonnement, équipe déjà une dizaine de centres hospitaliers en France, mais aussi en Espagne et en Italie, principalement dans le cadre d’études cliniques. Marquage CE et autorisation FDA en poche, la start-up est en pleine phase de prospection aux États-Unis, où elle possède une filiale depuis 2023.

"Nous espérons y signer six contrats de recherche avec des grands hôpitaux d’ici la fin de l’année", résume Nejib Zemzemi, espérant que cette étape aide à conquérir ce marché clé.

La société, qui a levé 3,7 million d’euros en 2024, prépare aussi une nouvelle levée de fonds en série A d’environ 8 millions d’euros, "une somme qui pourra être revue à la hausse", glisse, prudent, Nejib Zemzemi. "À long terme, nous réfléchissons aussi à contractualiser avec de gros partenaires industriels (éditeurs de logiciels) pour bénéficier de leur force commerciale et simplifier le déploiement".

RebrAIn espère atteindre le million d’euros de chiffre d’affaires fin 2025 et ambitionne d’équiper 300 centres hospitaliers d’ici à 2029.

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