Réagirh : La sous-traitance se déploie dans les régions
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Réagirh : La sous-traitance se déploie dans les régions

Travail protégé. Initié en Rhône-Alpes, le réseau Réagirh qui permet de rapprocher les entreprises et le travail protégé, prend une dimension nationale.

— Photo : DR

«1.300 projets d'entreprise ont trouvé acquéreur dans le monde du travail protégé. Notre principe de base, c'est de mettre ces deux entités en relation», avance Hervé Senebier. Initié en Isère et développé en Rhône-Alpes en 2009, le réseau Réagirh, de mise en relation des entreprises avec les établissements de travail protégé, s'est implanté en 2010 en Midi-Pyrénées et en 2011 en Champagne-Ardenne. Il répond aux besoins des entreprises sur trois segments: la sous-traitance, la mise à disposition de personnel et l'emploi direct de personnes handicapées. Rappelons que le recours à l'embauche de travailleurs handicapés ou à la sous-traitance avec les établissements spécialisés pèse directement sur la contribution Agefiph des entreprises.

Un outil rodé

Cette année, le dispositif devrait prendre une dimension nationale. «C'est surtout une question d'envie», affirme Hervé Senebier, le président du réseau isérois Opticat, à l'origine du programme. C'est un outil aujourd'hui bien rodé qu'il met à la disposition des régions intéressées. Ses intermédiaires sont l'association Andicat, qui regroupe au niveau national près de 800 des 1.300 établissements et services d'aide par le travail (Esat), l'Union nationale des entreprises adaptées (Anea), qui sont près de 700 en France, et les délégués régionaux de l'Agefiph. Les régions Aquitaine, Poitou-Charentes, Haute-Normandie sont sur les rangs, mais aussi la Franche-Comté, le Languedoc-Roussillon, l'Auvergne et la Bretagne. «Ce dispositif se déploie en quelques mois, en fonction des moyens donnés par les pouvoirs publics», poursuit l'initiateur. La société Commsoft (Fontaine) se charge de la mise en place opérationnelle. D'un côté, un marché de sous-traitance qui couvre toute la palette d'activités des EA et Esat. De l'autre, un tissu d'entreprises, que l'opérateur contacte une par une pour les informer sur les marchés et les sensibiliser sur la qualité et les compétences des travailleurs handicapés. L'objectif: «Transformer les fiches contact en une relation entre deux entreprises», martèle Hervé Senebier. Sogeti a apporté son soutien pour la gestion des informations transitant par le site de Réagirh.

Des chiffres encourageants

Depuis son lancement en Rhône-Alpes, pas moins de 12.000 entreprises ont été contactées conduisant à la détection de 956 marchés de sous-traitance et 141 demandes d'embauche. Le réseau régional compte 180 Esat et entreprises adaptées (EA) qui emploient 10.000 travailleurs handicapés. En Midi-Pyrénées, les 90 Esat et EA emploient 5.000 travailleurs handicapés. En moins de deux ans, le dispositif y a permis l'émergence de 120 marchés de sous-traitance et 45 demandes d'embauches. Ces chiffres encourageants incitent les initiateurs à aller plus loin, afin que le système vive de lui-même. Cela passe par la création d'une chaire «handicap et management» assortie d'une fondation. Elle vient d'être lancée à Grenoble école de Management et peut être dupliquée dans d'autres écoles de commerce, dans les régions où le dispositif Réagirh existe. Soutenue par les entreprises dans le cadre de leur politique de responsabilité sociétale, elle a pour vocation de venir en appui au dispositif en portant l'accent sur la communication.

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