Résoudre les problématiques des entreprises en les soumettant à un groupe d'étudiants, avec un événement sportif fédérateur en amont. Quatre ans après, la recette du Raid Innovation organisé par Sporaltec et l'Université de Savoie continue son bout de chemin et a même séduit des étudiants de Grenoble INP, du département de STAPS de Marseille, ou encore des unités design et textile de l'Université d'Annecy. Tous les sujets sont abordés : matériaux, business model, usages... « Lors de la création de ce rendez-vous, on se demandait comment rallier le monde de l'université à celui des entreprises. On a désormais des entreprises qui reviennent chaque année soumettre des problématiques aux étudiants pour avoir un regard frais », explique Séverine Sabot, coordinatrice de Sporaltec. Parmi les participants, on retrouve de grands groupes comme Décathlon, Salomon, Millet, mais aussi des PME et TPE de la région telles que le concepteur de matériel de sport nordique Nordexx (73), ou le fabricant de dispositifs pour le cyclisme, Airéka (73).
Des équipes pluridisciplinaires
Les chefs d'entreprise bâtissent eux-mêmes leurs équipes en fonction des candidatures et des profils reçus, pour constituer des groupes de six à sept étudiants. « La pluridisciplinarité est un grand atout, ainsi que le fait de donner une touche sportive pour favoriser la cohésion d'équipe », avance Séverine Sabot. Si cette année, l'épreuve de canoë a dû être annulée en raison de la météo, les participants ont disputé un trail de 10 km avant de plancher ensemble durant 24h sur un sujet donné. « Le travail des étudiants est pertinent pour les entreprises : nous avons déjà des retours de dirigeants qui vont tenter d'aller plus loin sur des prototypes, des cahiers d'idées... C'est aussi l'occasion pour eux d'identifier des pépites pour de futurs recrutements », avance Mme Sabot.
« Si j'avais un poste qui s'ouvrait, je sais déjà à qui je le proposerai ».Le dirigeant de Nordexx, Ludovic Puget a soumis cette année une problématique liée à la pratique du ski à roulettes, un produit exempt de freins. Pour lui, une telle démarche est à l'opposé de ce qu'il appelle « la réunionite aigüe ». « Exposer le problème à des étudiants crée tout de suite une émulation et permet d'envisager des solutions dans un délai court ». Xavier de Cauchy, gérant d'Airéka, s'est inscrit, lui, pour faire émerger de nouvelles idées concernant la roadmap de ses futurs produits. « Cela m'a permis d'avoir des retours pertinents sur ce que j'avais en tête, sur des aspects concernant l'ergonomie par exemple. Les étudiants ont aussi travaillé sur une application mobile pouvant accompagner les produits. Ce sont des points de départ pour la suite », considère-t-il.