Spécialisée dans le compostage de déchets verts, la fabrication et la commercialisation de terreaux/paillages, la société Racine vient d'amorcer un tournant stratégique en reprenant le fonds de commerce et la marque Neoverda.
Un nouveau canal de distribution
Fondée il y a sept ans par Fabrice Chiavaro, Neoverda est spécialisée dans la vente en ligne de fournitures pour espaces verts. Une activité orientée B to C qui tranche avec l'activité B to B de Racine dont les deux tiers des 25 000 à 30 000 tonnes de compost produites par an sont vendus en agriculture et le reste auprès de professionnels : paysagistes, collectivités, entreprises industrielles. « La reprise de Neoverda représente pour nous un nouveau canal de distribution qui va nous permettre par ricochet de toucher une nouvelle typologie de clientèle, le particulier, que nous ne touchions que très partiellement », justifie Cédric Levrat, directeur général de Racine. Et d'ajouter : « Le peu de particuliers que l'on recense aujourd'hui, manquent de se faire écraser par une chargeuse lorsqu'ils viennent sur notre plateforme. Nous ne sommes clairement pas organisés pour recevoir le particulier ; ni pour le conseiller et encore moins pour gérer ses paiements. Avec Neoverda et l'achat en ligne, il y a le prépaiement. En termes de trésorerie, c'est aussi plus intéressant que des factures à 30 jours. Et puis, nous allons recruter une personne dédiée au conseil et à la hotline pour aiguiller le particulier dans ses choix. »
Une meilleure valorisation
La reprise de Neoverda s'inscrit aussi dans une logique de meilleure valorisation de la matière compost. « Là où l'ensemble de nos confrères vendent du compost dans les champs, l'idée pour Racine va être de s'appuyer sur Neoverda pour mieux valoriser notre production de compost en y ajoutant d'autres matières comme du terreau, de la tourbe et de développer notre offre de prêt à planter. Aujourd'hui, nous avons une usine de mélange et ensachage de terreau qui fait 400.000 sacs par an mais qui pourrait en faire 2 millions en 3X8 comme lorsque nous étions fournisseurs pour Jardiland », argumente Cédric Levrat.
Si la vente en ligne auprès de particuliers devrait permettre à Racine d'accélérer sur ce volet, le directeur général a aussi conscience des limites actuelles. « Aujourd'hui, Neoverda c'est 350 000 euros de chiffre d'affaires. Sur 2017, on table sur une croissance de +20 à +30 %, mais si l'on veut atteindre 2 millions d'euros dans les deux ans, il va falloir passer à Neoverda 2.0 », lance-t-il.
Neoverda 2.0
Dans les grandes lignes, le projet Neoverda 2.0 repose sur la mise en place d'un réseau de points de retraits des marchandises commandées sur le site Neoverda. « L'idée serait de mailler le territoire en passant des partenariats avec des confrères. Il y a en 520 en France comme nous. L'objectif serait d'avoir un réseau d'une cinquantaine de points de retraits sous deux ans. Cela pourrait prendre la forme d'un réseau de franchises. Rien n'est encore fait, il faut que l'on package notre offre », indique Cédric Levrat. En tout cas, ce Neoverda 2.0, qui s'inscrit dans une logique de circuit court permettrait à Racine de « proposer des produits moins chers pour le consommateur tout en augmentant nos marges », conclut le dirigeant.