Quelle place pour les PME dans le pôle Eau?

Quelle place pour les PME dans le pôle Eau?

Après la labellisation, le 11mai, de leur nouveau pôle de compétitivité commun et à vocation mondiale sur la thématique de l'eau, les régions Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon et Paca doivent s'accorder sur la future gouvernance.

En Midi-Pyrénées, deux groupements d'entreprises sont particulièrement actifs dans la démarche de structuration de la filière eau: le club régional des éco-entreprises, créé en 2009 par la CRCI avec l'appui de l'Ademe, et le cluster WSM (Water, Sensors, Membranes), initié par trois laboratoires toulousains et quatre entreprises (Polymem, Aquasource, Pall Exekia et Neosens), tous reliés par leurs savoir-faire dans les capteurs et membranes. «Nous souhaitons évidemment qu'un représentant de WSM intègre la gouvernance du nouveau pôle mais, quoi qu'il arrive, nous allons suivre notre chemin de cluster», indique Jean-Michel Espenan. Convaincu des bienfaits des synergies entre la recherche, l'enseignement et l'entreprise- piliers de tout pôle- le dirigeant de Polymem émet toutefois quelques réserves sur «l'outil pôle de compétitivité» dont la taille ne doit pas entraver l'efficacité. Pour avoir lui-même travaillé au sein de labos, de grands groupes et de PME, il sait aussi combien il peut être difficile de faire collaborer ces univers... Pour l'instant, nul ne sait donc quelle sera la place des PME dans le pôle qui a prévu la création d'un collège unique d'entreprises (et non d'un collège grands groupes et d'un autre PME comme dans Aerospace Valley, par exemple). De nombreux regards se tournent vers Véolia. Très impliqué lui aussi dans création du pôle Eau, le groupe jouera-t-il le rôle de locomotive que les PME attendent de lui ou d'«aspirateur à idées et financements» que certains redoutent?




www.ecoentreprises-mip.fr WSM: 05.61.31.78.66 (Polymem)La nouvelle n'a pas fait grand bruit en Midi-Pyrénées. Depuis le 11mai dernier*, la région est pourtant investie dans un nouveau pôle de compétitivité à vocation mondiale, centré sur la thématique de l'eau. S'il est vrai que sa voisine, Languedoc-Roussillon, en est historiquement le moteur, ce sont bel et bien trois régions que le gouvernement a reconnu comme porteuses de ce pôle: Languedoc-Roussillon, Midi-Pyrénées et Paca. Il sera même en charge de la coordination de deux autres pôles («Gestion des eaux continentales» en Lorraine et Alsace; «Dream, eaux et milieux» en région Centre), c'est dire si les attentes sont fortes envers les trois régions du Sud de la France. «Ce nouveau pôle a une vraie dimension stratégique car l'eau est une ressource fondamentale. On la retrouve partout», rappelle le directeur de l'agence régionale Midi-Pyrénées Innovation, Christophe Nicot, qui regrette une vision souvent limitée à l'eau du robinet ou au traitement des eaux usées... Dans une étude commandée par le Conseil régional, la préfecture de Midi-Pyrénées et Toulouse Agri Campus (restitution publique en juillet 2009), le cabinet Alcimed montrait que, sur cette thématique de l'eau, les forces de Midi-Pyrénées résidaient essentiellement dans ses organismes de recherche et de formation (LGC, IMFT, Insa, etc.) et dans une trentaine de PME très innovantes (sur plus d'une centaine concernées).




Des compétences davantage reconnues à l'étranger

Il ressortait aussi de l'étude d'Alcimed que la participation de la région à un pôle de compétitivité mondial permettrait de consolider les initiatives de structuration existantes et de renforcer le tissu économique. Un avis que partage l'entreprise toulousaine Polymem, spécialisée dans le traitement de l'eau par ultrafiltration membranaire. La labellisation de ce pôle est «une excellente nouvelle», juge son dirigeant Jean-Michel Espenan qui se dit «frustré de constater depuis des années que la force de l'industrie française dans le domaine du traitement de l'eau est reconnue à l'étranger et quasi ignorée en France.» Et d'ajouter: «En Midi-Pyrénées, le potentiel est énorme et nous essayons depuis longtemps de trouver un moyen pour nous structurer et avancer (cf. encadré). Le pôle Eau nous en offre l'occasion; à nous de déterminer comment nous allons l'utiliser et nous y intégrer.»




L'importance des six moisà venir

De fait, l'heure est aujourd'hui au choix de la gouvernance du nouveau pôle et chacun s'interroge sur la place qu'il y trouvera. «Verseau Développement (l'association montpellieraine est l'un des co-auteurs de la candidature du pôle Eau, ndlr) est actuellement en train de se rapprocher des réseaux concernés dans les trois régions. L'objectif est de déposer les statuts de la nouvelle association rapidement puis d'organiser la gouvernance du pôle et d'établir sa feuille de route», confie Jean-Michel Boulesteix, du service Développement Industriel de la Direccte Midi-Pyrénées. Le conseil d'administration devrait compter 19 membres fondateurs et trois collèges: l'un représentatif des entreprises, l'autre de l'enseignement supérieur et de la recherche, le dernier des associations. «Martin Malvy vient de nous donner son accord pour que MPI représente Midi-Pyrénées au sein du conseil d'administration de la future association», souligne Christophe Nicot. L'agence régionale souhaite en effet continuer d'assumer voire renforcer son rôle de détection des projets, d'accompagnement de leurs porteurs mais aussi d'animation sur le territoire. «Les six mois à venir sont une phase importante pour nous mais aussi pour les entreprises. Participer à l'élaboration des statuts, c'est un peu comme travailler à l'élaboration d'un contrat avant qu'il soit signé. Ainsi on le comprend mieux et on évite les risques de litiges.»




* Le Comité interministériel d'aménagement et de développement du territoire (CIADT) du 11 mai a labellisé six nouveaux pôles dans le domaine des éco-technologies dont trois centrés sur la thématique de l'eau.