À peine un an après le déménagement zone du Moulin Neuf, à Péaule, du fabricant de mobilier ludique et urbain Quali Cité, l'heure est au développement tout azimut. Ce mois-ci, l'entreprise de 115 salariés a finalisé sa première commande à l'export. Quali Cité vient de nouer un partenariat d'exclusivité avec un revendeur au Danemark, sur les terres de l'un des géants mondiaux du secteur. Ce premier pas à l'export en appellera d'autres : « C'est la première fois que nous participons (en septembre dernier, NDLR) au salon international des collectivités locales de Galabau, près de Nuremberg. Pour donner un ordre de grandeur, c'est plus de trois fois le salon des maires en France, avec onze halls contre trois à Paris. Nous avons surpris beaucoup d'acteurs historiques là-bas, ils ne nous y attendaient pas. Participer à ce salon, c'était l'investissement qu'il fallait faire », note Patrick Guéguen, le dirigeant de l'entreprise qu'il a fondée il y a 14 ans à Péaule. Les contacts sont nombreux à tel point que la PME a revu ses objectifs : elle vise un million d'euros à l'export d'ici mars 2017 pour un chiffre d'affaires de 18 millions d'euros. Bien implantée sur le marché des collectivités françaises, de plus en plus présente dans les parcs et les aires de jeux commerciales (Parc Astérix, complexe commercial L'Atoll, près d'Angers), Quali Cité peut aujourd'hui s'appuyer sur un réseau commercial mature et un outil de production aux dernières normes.
De la production à la transformation
Sur près de 3 700 m², le site de production et de transformation du Moulin Neuf (24 salariés) permet l'usinage de nouveaux produits, développés par le bureau d'étude 3D (7 salariés). L'entreprise s'est appuyée sur ses propres ressources en ingénierie : le directeur de production, Jean-Marc Leslé, a pensé le nouveau site et un nombre important d'équipements de fabrication. À côté de la nouvelle machine à commandes numériques développée par un fabricant français et quatre à cinq fois plus rapide, cabines et lignes de fabrication sont « maison ». Alors que certaines pièces métalliques étaient usinées jusqu'ici à la main et que la soudure était sous-traitée, dorénavant, le nouvel atelier de 2.000 m² permet de développer le pré-montage et l'assemblage en interne. Les barres inox sont transformées sur place. « Même si tout est reconfiguré, nous auditons les lignes. Le site devient de plus en plus un site de transformation. Nous formons en conséquence et embauchons, conformément à nos objectifs sur la pénibilité », indique Patrick Guéguen.
3,2 millions d'euros d'investissements
L'investissement avoisine les 3,2 millions d'euros dont 2,2 pour l'immobilier. Si l'ancien site, à quelques centaines de mètres de la zone du Moulin Neuf 3, a certes été vendu, la levée de fonds est d'envergure et le soutien des collectivités déterminant (Région, CCI, Bpifrance...). « Nous nous sommes engagés sur la pénibilité, en matière d'économies d'énergie avec un système de récupération des calories de l'atelier pour le chauffage, et sur l'export. »
Attachement à la Bretagne, ambitions à l'export
« L'accompagnement à l'export est très important, témoigne Ronan Anne, chargé d'affaires au Crédit agricole du Morbihan pour qui il est « essentiel d'appuyer le développement du territoire sur ces marchés sans l'asphyxier. Des solutions existent pour monter crescendo. La sécurisation des paiements à l'export est aujourd'hui une nécessité absolue ». Attaché à la Bretagne, l'ancien ostréiculteur, devenu dirigeant d'une entreprise industrielle de plus de 100 salariés, acquiesce : « Nous avons été sollicités par des Russes, des Israéliens, des Chinois, et nous avons aussi des ambitions en Afrique. Nous savons que ce sont des marchés moins sécurisés que le Danemark. Avoir des ambitions à l'international pour la Bretagne, c'est quelque chose qui me parle beaucoup... »