En Allemagne, le groupe Energiequelle (125 salariés) dont P&T Technologie est filiale, est le deuxième plus gros exploitant éolien avec 1.000 Mégawatts installés via 500 éoliennes. Ce géant s'intéresse à la France depuis une dizaine d'années maintenant, et particulièrement à l'Ouest où est basé le siège de sa filiale, qui vient de déménager de Rennes à Vern-sur-Seiche pour accueillir quatre nouveaux collaborateurs (15 salariés, CA : 1,5 M€).
Cinq parcs en Bretagne
« Nous avons construit une cinquantaine d'éoliennes en France, soit 90 MW représentant l'équivalent d'un réacteur nucléaire, détaille Robert Conrad, directeur général de cette filiale. La moitié de nos parcs sont dans le grand Ouest ; l'autre en Lorraine. »Le premier de ses cinq parcs bretons a été réalisé en 2010, dans les Côtes d'Armor. Construit en 2011, son autre parc de Saint-Billy (22) doté de quatre éoliennes (7 M€ investis) va être vendu à un investisseur allemand, comme c'est souvent le cas.Mais Robert Conrad insiste sur l'impact économique de ces parcs sur la France. « Nous achetons les éoliennes en Allemagne ou en Espagne, mais la moitié est fabriquée en France, assure-t-il preuve à l'appui. Nous achetons les pales à une usine spécialisée à Mérignac, près de Bordeaux ; les roulements sont fabriqués en Vendée, etc. » Chaque éolienne coûte 2,5 à 3 millions d'euros. P & T Technologie en assure l'exploitation et, en amont, porte toute l'ingénierie nécessaire.Le grand Ouest constitue un potentiel important pour cette firme franco-allemande. « En Bretagne, nous avons de la chance car une très grande partie du territoire est favorable au niveau de la ressource de vent, notre carburant ! »
Deux ans de chantier assurésParmi ses projets, on peut noter la construction actuelle du parc de Saint-Gildas (22) : quatre éoliennes pour 15 M€. Leur mise en exploitation se fera en novembre. Un autre chantier est en cours dans les Deux-Sèvres avec trois éoliennes à raccorder en janvier prochain. P&T vient également d'achever un chantier dans les Vosges. Là encore, il s'agit de quatre éoliennes pour quelque 12 M€. Deux autres permis sont en cours d'instruction, dans les Côtes d'Armor et en Loire-Atlantique. « Plus un autre que l'on espère construire en Charente en 2014, confie Robert Conrad. L'année 2013 a bien commencé... Nous avons du travail pour deux ans en construction. »Ce potentiel s'accompagne aussi d'une forte concurrence et d'une règlementation stricte qui, aux yeux de Robert Conrad, freine malheureusement les investissements. « Notre activité est très cyclique, on ne contrôle pas le temps d'instruction. Et beaucoup de recours sont abusifs. La France renonce à une richesse ! », selon lui.
Géry Bertrande
énergie La filiale française du géant allemand de l'éolien, Energiequelle, vient de déménager de Rennes à Vern, où elle développe de plus en plus de parcs pour l'Ouest.