La formation, c'est d'abord une question de ressources humaines. Une gestion de femmes et d'hommes qui, à un moment donné, doivent faire converger leur projet professionnel avec les besoins de l'entreprise. À la clef, bien souvent des difficultés pour allier intérêts des uns et des autres. La montée en cadence de l'usine PSA Peugeot Citroën de la Janais, à Rennes, en est un exemple parmi d'autres.
Formation de 35heures
Avec le succès de la commercialisation de la Peugeot 508, l'usine bretonne se retrouve ces derniers mois avec un rythme productif plus soutenu. Conséquence, l'apport de sang neuf dans les ateliers est vital. Mais comment trouver des opérateurs - même en contrat court - alors qu'aucune école n'offre un diplôme propre à ce métier? En offrant une formation aux candidats. Grâce à la mobilisation d'Autéo, réseau d'accompagnement de la filière dans l'Ouest, six entreprises de l'automobile, dont PSA, ont mis en place le "Passeport Compétences". Une fois le candidat sélectionné, «on met en place une formation de 35heures avant l'entrée dans l'entreprise, explique Bruno Bertin, directeur des relations sociales et humaines du site de Rennes-La Janais. Ce qui lui permet d'abord de comprendre ce qu'est un opérateur. En expliquant les enjeux de la qualité, de la gestion des flux, des postures...»
Référentiel commun aux entreprises industrielles
Cette formation très spécifique a été confiée à trois prestataires, sélectionnés par Autéo: Futur Skills (ex-Manpower Nouvelles Compétences), CLPS (Le Rheu) et l'AFPI. «Le cahier des charges de la formation est basé sur le socle commun de l'industrie, pour que toutes les entreprises industrielles puissent reconnaître les candidats», précise Xavier Médard, délégué général d'Autéo. Une fois cette formation prodiguée, PSA intègre donc les candidats au sein de son usine rennaise. «Avec une évaluation de leur travail tous les mois, pendant trois mois, indique Bruno Bertin. Il s'agit d'un référentiel commun aux entreprises adhérant à l'opération Passeport. À la fin de ces trois évaluations, le candidat va pouvoir être reconnu par un jury, ce qui permettra de reconnaître et valider son passeport.» Car Autéo et ses partenaires ont joué la carte de la symbolique jusqu'au bout en éditant un document reprenant la forme d'un passeport. Y sont mentionnées les évaluations de l'opérateur, ainsi que sa formation de 35heures. «Cela permet au salarié de valoriser ce qu'il a acquis dans une ou plusieurs entreprises industrielles, souligne le DRH de PSA La Janais. C'est important vis-à-vis d'autres entreprises qui auraient besoin de recruter.Ce background facilite son intégration future dans une autre entreprise industrielle.» Et Bruno Bertin de souligner la cohérence de cette opération avec la politique sociale du groupe PSA.
170 personnes engagées
«C'est pouvoir apporter une compétence aux opérateurs pour faciliter leur employabilité. On vit dans un monde automobile organisé par cycle. Pour nous, il est donc important que les personnes venant chez nous repartent avec un bagage.» Aujourd'hui, 170 personnes du bassin rennais sont engagées dans cette démarche. «On espère en avoir au moins 200 d'ici à la fin de l'année», précise Xavier Médard. Et le délégué général d'Autéo de mettre en lumière l'intérêt premier pour l'opérateur: «La difficulté majeure pour l'intérimaire c'est la sélection entre mission et formation. Bien souvent, pour des raisons financières, il choisit la mission. Là, on lui permet d'avoir les deux.»
Progression de l'opérateur
S'il coûte à l'entreprise - mais dans le périmètre de sa stratégie formation habituelle - le passeport semble déjà apporter des résultats. «Entre les notes qui lui sont attribuées dans les premiers jours et les suivantes, on s'aperçoit que l'opérateur progresse», indique Xavier Médard, estimant l'amélioration à 25%.
En appliquant la démarche initiée par Autéo autour d'un Passeport Compétences, l'usine PSA Peugeot Citroën de Rennes facilite l'intégration des opérateurs sur le long terme.