Luciano Biondo, directeurde l'usine PSA de Mulhouse Arrivé en juillet, il a commencé par observer. Les comptes, l'organisation, le fonctionnement et l'animation de l'usine. Puis son prédécesseur, Jean Mouro, est parti, et Luciano Biondo est sorti du bois début septembre. Sur un mode qui tranche radicalement avec le précédent. Avec un style et un discours qui vont certainement bousculer les habitudes mulhousiennes, comme «celle de toujours parler positivement du site», lâche-t-il. «Il faut dire les choses: nous ne sommes pas au top de la performance sur un marché qui sera difficile au moins jusqu'en 2015», poursuit Luciano Biondo. Son objectif? Mettre Mulhouse au même niveau de performance, hormis le taux horaire, que Trnava, dont il était le directeur, en République Tchèque. Un marché au ralenti? Qu'à cela ne tienne: «Cela nous donne trois ans pour nous mettre au meilleur niveaudes indicateurs de sécurité, qualité, coûts de fabrication...». Un brin va-t-en-guerre, ce discours franc et pragmatique est aussi celui de quelqu'un qui connaît bien le terrain. Car à 42 ans, Luciano Biondo, originaire du Nord, est un meneur d'hommes largement servi par son propre parcours: il a démarré à 19 ans comme ouvrier intérimaire à Sochaux, avec un BTS en poche. Il a gravi les échelons jusqu'à devenir chef d'équipe de Peugeot Sevelnord, responsable du lancement peinture des 806/Évasion à l'époque. En 1999, c'est Toyota Valenciennes qui fait appel à lui pour prendre en mains les méthodes peinture, lui permettant de consolider ses acquis et sa formation à l'université Toyota au Japon pendant 6 mois. Au final, une parenthèse de 7 ans dans un parcours très typé PSA. En 2006, il revient en effet dans le giron du groupe familial pour mettre en route l'usine de peinture de... Mulhouse, avant de prendre la direction du montage du site jusqu'en 2009, année où il part à Trnava. Ce parcours pourrait bien l'aider à réussir son pari et à entraîner des salariés bousculés par des craintes permanentes quant à leur avenir.
P.A.
- PROFIL