Entre 800 et 1.000 personnes ont fait le déplacement le 11 février dernier au Théâtre de la Criée, à Marseille, pour assister à un débat co-organisé par le site local d'information Marsactu, le magazine satirique régional Le Ravi et le pure-player national Mediapart. Une affluence record liée directement à la thématique de la table-ronde, volontiers provocatrice : "Contre l'affairisme, pour la démocratie... : libérons la presse !". Mais si l'affluence a été au rendez-vous, le contenu de la soirée, lui, n'a pas manqué de susciter les critiques. Et même les autocritiques, puisque le fondateur de Marsactu lui-même, Pierre Boucaud, a concédé sur son site que les spectateurs étaient « restés sur leur faim ». La raison invoquée : « On a sans doute trop parlé de Tapie, de nos magnifiques nombrils et pas assez de Marseille ». Le mea culpa, néanmoins, n'enlève rien au message brandi par certaines voix médiatiques locales. Un message qui intervient alors que trois des grands médias provençaux sont depuis quelques semaines sous le feu des projecteurs.
La Provence
L'arrivée de Bernard Tapie à la tête du quotidien local a suscité de nombreuses interrogations dans la Cité phocéenne, y compris dans les rangs des journalistes de la rue Salengro. Des professionnels de la presse qui, depuis l'annonce de la reprise de leur journal, naviguent entre inquiétude, attente et espoirs. Loin de tout optimisme, la rédaction de Marsactu, elle, estime que le retour de l'homme d'affaires à Marseille « est un mauvais présage pour la démocratie locale et la liberté d'expression ».
La Marseillaise
Moins médiatique sans doute, le cas du quotidien La Marseillaise n'en est pas moins brûlant. Le syndicat SNJ-CGT La Marseillaise-l'Hérault dénonce en effet depuis plusieurs mois une « restructuration » et regrette les « départs massifs, dont plus de vingt journalistes en rupture conventionnelle ».
LCM
Autre média, autre situation tendue chez LCM, la chaîne marseillaise reprise par le groupe nîmois TV Sud fin 2011. Le mois dernier, des journalistes de la télévision locale ont en effet mené un mouvement de grève. Les raisons de leur colère : un projet de réorganisation éditoriale du groupe, qui, mutualisation oblige, pourrait amener la disparition de tranches d'information produites localement. Dans un communiqué transmis à l'AFP, Christophe Musset, le P-dg de Médias du Sud, a affirmé cependant que son groupe « n'abandonn(ait) pas l'information locale ».
Médias Inquiétudes en série à La Provence, à la Marseillaise et chez LCM : depuis quelques semaines, les salariés des grands médias locaux tirent la sonnette d'alarme.