Prime aux salariés : «Insupportableingérence»
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Prime aux salariés : «Insupportableingérence»

Législation Une prime aux salariés d'entreprises versant des dividendes à leurs actionnaires sera bientôt obligatoire. Cette mesure est loin de faire l'unanimité.

Le gouvernement a tranché fin avril. Comme un cadeau électoral en faveur du pouvoir d'achat, Nicolas Sarkozy a annoncé que dans toutes les entreprises de plus de 50 salariés distribuant des dividendes en hausse à leurs actionnaires, une prime serait versée aux collaborateurs. Et ce, dès cette année. Une annonce unanimement décriée du côté des syndicats, patronaux et salariés.




Un fossé se creuse

Pour le Medef 56, le calendrier des négociations annuelles n'est pas respecté. La prise en considération des budgets des entreprises non plus. «Et surtout, cette ingérence de l'État dans la conduite de l'entreprise est carrément insupportable», dénonce Philippe Rouault, président du Medef 56. «Une entreprise ne se gère pas comme une association de boulistes!», tempête-t-il. «Cette annonce se télescope aux budgets des entreprises que l'on prévoit un an à l'avance.Les projets d'entreprise s'établissent à moyen terme». Pour lui, le fossé entre les politiques et les entreprises se creuse encore davantage. «Cela ne fait que rajouter des tensions sociales, notamment entre TPE et grandes entreprises.» Le président du Medef 56 n'apprécie guère cette manière qu'a l'État de vouloir rendre les entreprises vertueuses, laissant supposer que beaucoup ne le sont pas. «Des mécanismes d'association des salariés à la performance de l'entreprise existent déjà», poursuit-il. La participation, obligatoire dans les entreprises de plus de 50 salariés, est ainsi souvent complétée par de l'intéressement.




Effets inverses

C'est le cas dans l'entreprise Altho à Saint-Gérand, détenue à 95% par Alain Glon et 5% par quatre cadres de direction. «C'est une récompense naturelle des fruits de la croissance», indique Philippe Massot, directeur commercial. «Depuis 2001, dès que l'entreprise a commencé à dégager du résultat, l'intéressement et la participation ont tout de suite été mis en place». À cela s'ajoutent les primes vacances et un treizième mois de salaire. Un moyen aussi de stabiliser la main-d'oeuvre et de garder les compétences clés.

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