Le pic des 70 000 défaillances est presque atteint en 2025. Avec exactement 69 957 procédures de sauvegarde, redressements ou liquidations judiciaires recensées dont 19 000 au 4e trimestre, le cabinet Altares livre un bilan qualifié de "triste record". Ces chiffres, en hausse de 3,1 % par rapport à 2024, pèsent sur l’emploi avec 267 000 salariés et dirigeants qui ont vu leur emploi supprimé ou menacé.
De multiples "faiblesses" en question
L’année est marquée par "un climat d’incertitude fort pour les entreprises et notamment des PME déjà éprouvées par la hausse des coûts logistiques et énergétiques", commente Thierry Millon, directeur des études Altares dans un communiqué. L’atteinte du palier des 70 000 défaillances, du jamais vu depuis au moins 20 ans, "peut questionner sur les faiblesses financières (capitaux insuffisants), logistiques (supply chain peu résiliente) ou structurelles (transition numérique incomplète) de l’écosystème entrepreneurial français", poursuit-il.
Du mieux dans cinq régions
En Normandie, dans les Hauts-de-France, en Provence-Alpes-Côte d'Azur, en Auvergne-Rhône-Alpes et dans le Grand Est, la situation s’améliore avec des hausses de défaillances moins marquées au 4e trimestre. La fin d’année est cependant difficile pour la Bourgogne-Franche-Comté où les défaillances se sont envolées de 11,1 % au 4e trimestre 2025. Dans les Pays de la Loire, la situation se dégrade fortement en fin d’année avec des défaillances en hausse de 22 %.
La construction va mieux mais l’agriculture plonge
Concernant les secteurs, la situation s’améliore dans la construction avec une baisse des défaillances de 3,2 % au 4e trimestre. Le constat est le même dans les travaux publics (-13 %) et l’immobilier (-21 %). Dans l’industrie la conjoncture est mauvaise avec une hausse de 4,7 % des défaillances au 4e trimestre notamment dans l’industrie manufacturière (+ 6,4 %).
Dans l’agriculture, les défaillances augmentent à hauteur de 14,4 % et la viticulture enregistre la plus forte dégradation avec une hausse de 18 %, surtout en Nouvelle-Aquitaine.
Des bonnes surprises pour 2026 ?
Malgré ces résultats, "plusieurs signaux positifs émergent et laissent entrevoir – sans naïveté — une accalmie pour 2026", anticipe Altares. Parmi les signaux positifs relevés au 4e trimestre, Altares cite un recul des liquidations judiciaires directes, une baisse des défauts dans les entreprises de moins de 100 salariés et une meilleure résistance des entreprises âgés de 3 à 10 ans.