Il l'avait promis dès son élection à la présidence du Medef. Pierre Gattaz a tenu parole. Il est bel et bien venu à la rencontre des Dupés, ces Dirigeants Ulcérés par la Politique Économique et Sociale.Le troisième déplacement en région du nouveau patron du Medef, le premier en Rhône-Alpes, a ainsi eu lieu dans la Loire, le 25 juillet dernier. Après une visite de courtoisie à Casino, et une réunion de travail avec les adhérents du Medef Loire, il s'est rendu dans les locaux de l'entreprise stéphanoise Odea, filiale du groupe Jabouley dirigé par Dominique Jabouley, porte-parole du collectif. Après une visite au pas de course de l'entreprise, il s'est entretenu trois quarts d'heure avec le noyau dur des Dupés, cette dizaine d'industriels du textile stéphanois furieux contre le poids excessif du code du travail, furieux aussi des charges pesant sur les entreprises.Pierre Gattaz n'a pas osé le "Je vous ai compris" devant le collectif fédérant plus de 4.100 chefs d'entreprise à travers toute la France, mais c'était bien, en condensé, le résumé de son intervention.
Même constatmais un timing différent
« Nous partageons le même constat. Il faut un choc de simplification, il faut récupérer les 110 milliards qui plombent la compétitivité de nos entreprises », a-t-il insisté en conférence de presse. Mais si le constat est partagé, les solutions, ou plutôt le timing pour y remédier, divergent. Pierre Gattaz s'est ainsi heurté à l'impatience de ces industriels très remontés. En effet, quand le président du Medef demande au gouvernement de procéder à une baisse de 5 % par an de la réglementation du travail, les Dupés exigent 50 % en trois ans. « J'entends des patrons dire "Putain, il va falloir que j'embauche", ça me fait sauter en plafond. On pourrait créer immédiatement des centaines de milliers d'emplois », rétorque Dominique Jabouley. « Trois ans, c'est déraisonnable. Si déjà, nous parvenons sur la durée à 5 % par an, ce sera formidable, je monterai sur la table », a commenté Pierre Gattaz, pendant la conférence de presse. Pour Dominique Jabouley, rien n'est impossible : « C'est justement parce qu'on nous dit que nous sommes utopiques que nous sommes des Dupés. Il y a urgence ! »
Proposition
« J'ai rencontré d'autres mouvements sur d'autres territoires mais ce collectif est certainement le plus organisé », a reconnu Pierre Gattaz. Devant cette détermination, le président du Medef a proposé aux Dupés de prendre part aux commissions de travail du Medef. « Il faut être dans la construction, pas dans l'opposition permanente », a-t-il argué.Après quelques semaines de réflexion, le collectif a décidé de décliner la proposition. « Nous avons des soutiens à travers toute la France, ils ne sont pas tous proches du Medef, ils n'ont pas signé pour ça. Nous voulons garder notre capacité à crier et à bousculer, justifie Dominique Jabouley. Pierre Gattaz a été le premier représentant des instances patronales à venir nous écouter. Nous l'en remercions et nous sommes évidemment prêts à être dans la construction. D'ailleurs, nous avons des propositions qui sont à la disposition de tous ». Mais il tempère: « Ceci étant, nous sommes des chefs d'entreprise, donc forcément dans la construction. Nous sommes tout à fait favorables à des participations des signataires à des commissions de travail à titre personnel ».
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Invité par le Medef Loire, le nouveau président du Medef, Pierre Gattaz, est venu à la rencontre des Dupés à Saint-Étienne. Une rencontre sans langue de bois.