Pendant trois jours, du 21 au 23 juin à Rouen, les invités de la troisième édition du #NWX Summer Festival ont débattu de « L'influence du numérique sur nos vies ». Au programme, des personnalités comme le journaliste Edwy Plenel sur les enjeux démocratiques de la révolution numérique ou encore Guillaume Cordelier (Caisse d'Épargne Normandie) sur l'influence du numérique sur le secteur bancaire, ou encore Luc Ferry, le philosophe et ancien ministre intervenu sur le thème de la Troisième révolution industrielle. Des interventions organisées les 22 et 23 juin sur deux sites : la pépinière Seine Innopolis à Petit-Quevilly et la salle de concert " Le 106 " à Rouen, après une journée dédiée aux enfants le mercredi 21.
Luc Ferry et la nouvelle économie
Intervenant phare de cette troisième édition, Luc Ferry s'est notamment intéressé aux enjeux de l'économie collaborative, dénonçant une nouvelle forme d'économie : « Individualiste et conflictuelle. La capitalisation en bourse d'Airbnb est trois plus importante que celle du groupe Accor. C'est une économie qui génère des profits colossaux, de la déréglementation, du supercapitalisme, et très rapidement. ». Autre bouleversement en marche pour le philosophe, celui de la mobilité : « Une révolution qui va fortement impacter l'emploi, notamment pour les taxis ou encore les trains. La Google car est au point et aux USA il y a déjà des livraisons sans chauffeur ! » Le philosophe pointe aussi le déficit technologique européen dans son propos : « La structure technologique est américaine ou chinoise, mais aussi en Israël et en Suisse. Ce sont les pays les plus innovants du monde. Un vrai problème pour la France et l'Europe ».
Révolution industrielle et emploi
Le philosophe met en garde sur les effets de la troisième révolution industrielle : « celle de l'intelligence artificielle » en précisant le cycle d'une révolution : « Dans les grandes révolutions industrielles il y a un moment de destruction et un autre de reconstruction. Destruction d'objets de consommation anciens, la voiture remplace la diligence par exemple, destruction d'emplois anciens et de mode de vie anciens. Puis, création d'objets nouveaux, d'emplois et de modes de vie nouveaux. Chaque phase dure environ 50 ans. Ce à quoi nous assistons aujourd'hui n'est pas nouveau, la révolte des taxis contre Uber, des hôteliErs contre Airbnb, c'est la même que celle des Canuts à Lyon contre une machine à tisser, lors de la première révolution industrielle. Des emplois disparaissent mais d'autres sont créés ». Différence notable de cette « troisième » révolution selon Ferry, sa rapidité : « Le problème est la transition entre les emplois détruits et la reconstruction. Cette troisième révolution pose un problème de disruption car elle va très vite ».