Pourquoi il fallait y être : Deux candidats sur le gril
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Pourquoi il fallait y être : Deux candidats sur le gril

Le Medef Normandie a organisé au Havre le 24 novembre dernier l'ultime débat de la campagne des régionales entre Hervé Morin (UDI) et Nicolas Mayer-Rossignol (PS).

« La politique intéresse encore les chefs d'entreprises », plaidait le président du Medef Normandie Arnauld Daudruy en ouverture du débat entre le président sortant de la région Haute-Normandie Nicolas Mayer-Rossignol (PS) et son principal challenger Hervé Morin (UDI) organisé le 24 novembre au Havre. Et pour preuve, la salle était comble pour entendre les deux candidats égrainer leur programme économique en vue du scrutin régional de décembre.




Un moment historique

Au terme d'un débat de près de deux heures, plus policé que politicien, les deux hommes seront au moins tombés d'accord sur un point : la réunification est un « moment historique ! » Avant cela, ils auront l'un et l'autre tenté de marquer leurs différences. Face à la volonté réaffirmée du député Hervé Morin de créer une agence régionale dotée de « 100 millions d'euros » destinés à financer les entreprises, Nicolas Mayer-Rossignol met en garde contre « la création d'un nouvel outil ». Quand le candidat UDI veut faire de l'emploi « le premier marqueur » d'un mandat réussi, pointant les mauvais résultats de la région en ce domaine, le président Haut-Normand l'appelle « à rester modeste sur le sujet », se refusant « à faire de fausses promesses sur le chômage ». Sur l'identité normande, vantée par Hervé Morin qui prend volontiers en exemple le voisin breton sur ce terrain, le désaccord pointe là encore : « ne faisons pas de nos frontières des barrières ! », lance le candidat socialiste. S'agissant des entreprises, l'un et l'autre, à leur manière, plaident pour un dialogue renforcé avec la collectivité, sans forcément passer par la création d'un conseil des entreprises souhaité par le Medef dans son livre blanc, estime Nicolas Mayer-Rossignol, quand Hervé Morin penche plutôt pour « un conseil informel »... Au final, le véritable point de crispation concerne les infrastructures : aéroport régional et surtout liaison ferroviaire Paris-Normandie en tête. Hervé Morin appelle à « créer un rapport de force dur avec la SNCF » quand son contradicteur du soir préfère s'en tenir à un discours « de vérité ». À savoir que la région n'a pas tous les leviers en main sur ce dossier.



Guillaume Ducable

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