Bridée dans son développement par des locaux vétustes et inadaptés aux nouvelles exigences industrielles, à Epaignes dans l'Eure, l'entreprise Poulingue, spécialiste en construction de bâtiments, démantèlement de l'amiante, renforcement de charpente et maintenance industrielle, a décidé d'investir fortement pour assurer sa croissance et son avenir. 4 M€ pour la partie immobilier, 1,8 M€ pour les nouveaux matériels, au total, près de 6 M€ sont investis sur le nouveau site Poulingue de Beuzeville, à une quinzaine de kilomètres de son ancien siège d'Epaignes. Une somme abondée pour près de 400.000€ par des subventions de la région Haute-Normandie et le département de l'Eure.
Une modernisation indispensable
Rachetée en 2002 en LBO par quatre cadres de la société (Humphrey Delahaye, Sylvie Vastine, Odile Colson et Jean-François Fraboulet), Poulingue a depuis multiplié par deux son chiffre d'affaires (28,5 M€ en 2012), doublant également au passage son effectif de 100 à 200 salariés, plus une trentaine d'intérimaires. Soutenir un tel développement n'était plus tenable dans les anciennes installations de cette société familiale, jusqu'en 2002. Une date charnière pour l'entreprise euroise puisqu'elle commence à développer en interne les métiers de la maintenance industrielle : démantèlement de l'amiante, bâtiment, génie civil, charpente, couverture), pour des clients tels que Total ou Valourec. « Ces clients sont venus vers nous pour notre savoir-faire de généraliste. Nos corps de métiers intégrés nous ont permis de prendre des parts de marché auprès de ces industriels », explique Jean-François Fraboulet, président de Poulingue. Le secteur de la construction à ossature bois a aussi été développé avec la réalisation de maisons et d'immeubles, sur un secteur couvrant la moitié Nord de la France. Une activité pour laquelle Poulingue a dû mobiliser un bureau d'études et recruter une douzaine d'ingénieurs projeteurs, afin de se lancer dans l'ère du numérique, à partir de 2008. « Le numérique nous permet de réaliser la conception, l'usinage et la fabrication de charpentes et de murs à ossature bois dans les domaines industriels et traditionnels. Une évolution qui nous a demandé des investissements importants en machines et amené à un changement d'échelle, de l'artisanat à l'industriel. Ce qui nous a amené à travailler sur nos logiques de flux pour modifier nos fabrications et nos usinages, afin de proposer des prix attractifs. Pour nous adapter à cette évolution, nous n'avions pas le choix, il fallait se moderniser avec de nouveaux bâtiments et améliorer les conditions de travail, notamment en terme d'ergonomie », précise le président de Poulingue. Un pari payant puisque dans les nouveaux ateliers de près de 4.000m² (5.800m² de nouveaux bâtiments au total), 150 à 200m² d'ossature bois par jour peuvent être réalisés quand seulement 60m² l'étaient dans les anciens locaux !
L'adaptation aux nouvelles normes
Les investissements de Poulingue répondent aux évolutions des métiers du bâtiment, selon Jean-François Fraboulet : « Le bâtiment n'est plus forcément un métier de corps d'état mais plutôt d'assemblier ». Un changement entraîné par les règles thermiques imposées par le Grenelle de l'environnement et les évolutions réglementaires. « Notre prestation va plus vers un global de performances. Avant, chaque corps d'état était régi par ses propres normes mais avec la RT 2012 introduisant une interaction forte entre corps d'état et surtout la future RT 2020, il sera quasiment impossible de construire de façon autonome pour les corps de métiers. Seule une entreprise qui aura intégré tous les corps d'état avec bureau d'études pourra proposer des solutions et apporter une réponse globale à un besoin de performance énergétique », complète le dirigeant de Poulingue.
Quatre marchés
Fort d'un chiffre d'affaires de 28,5 M€, dont 15 M€ sur la partie bâtiment et 13,5 M€ pour les travaux spéciaux (maintenance industrielle, traitement d'amiante, charpente), Poulingue intervient dans quatre types de marchés : collectivités locales (20 % du C.A), industriels (40 % du C.A), foncières et promoteurs immobiliers tels qu'Unibail, Nexiti ou encore la société foncière lyonnaise (20 % du C.A), surfaces commerciales (20 % du C.A et activité historique de l'entreprise notamment pour Intermarché avec la construction de plusieurs centaines de supermarchés dans les années 80), particulier (5 % du C.A). Hormis quelques clients suivis dans le sud de la France : « A leur demande », l'entreprise intervient essentiellement sur la moitié Nord du pays.
Pour soutenir l'évolution de ses métiers (construction, charpente...) et sa croissance, Poulingue (Beuzeville), investit dans de nouveaux locaux et matériels.