Port de Saint-Malo : Quelles réponses face aux attentes ?
# Conjoncture

Port de Saint-Malo : Quelles réponses face aux attentes ?

Premier port breton pour le trafic de passagers et troisième pour le commerce, le port de Saint-Malo devrait, en 2015, continuer sur sa lancée et grandir encore. Les projets sont là : avant-port, création d'une filière conteneurs... Les attentes des acteurs sont multiples.

En matière d'économie maritime, la cité corsaire est un cas unique en France. Ici se côtoient petite et grande pêche, fret, transport de passagers, croisières, construction navale, balades en mer, plaisance et réparation navale. Faire cohabiter autant d'activités dans un si petit périmètre relève de la gageure. Surtout que le port est situé en coeur de ville, au pied des remparts d'une cité touristique dont il a constitué à la fois le ciment et la renommée.




Reprise d'activité

Pourtant, Saint-Malo est le premier port breton en ce qui concerne le trafic de passagers (près d'un million par an), et le troisième port régional pour le trafic commercial (1,5 million de tonnes de marchandises). Si ces chiffres ont connu une baisse par rapport aux années florissantes de 2004-2007 (où les voyageurs dépassaient largement le million et le fret les 2 millions de tonnes), le port de Saint-Malo devrait, en 2015, continuer sur sa moyenne des cinq dernières années, de nouveau en hausse (+3,73 % entre 2012 et 2013 selon l'ORTB). Une bonne perspective pour Saint-Malo, qui s'en sort bien par rapport à l'ensemble de la Bretagne : -2,79 % du trafic de marchandises constaté. Brest et Lorient, les deux premiers acteurs (avec respectivement 2,8 et 2,4 millions de tonnes) sont en effet en baisse. À Saint-Malo pour autant, trois des cinq opérateurs portuaires (AMM, Timac et BLP) enregistrent toujours une tendance baissière de leurs volumes. Par contre, pour la BAI et Morvan, les chiffres de la fin juin laissent entrevoir un léger regain d'activité.




Aménagement de l'avant-port

Ces deux opérateurs concentrent toute l'activité de l'avant-port puisqu'ils gèrent respectivement les bateaux de la Brittany Ferries et ceux de Condor Ferries. Pour les deux armements, l'activité concerne le trafic passager et celui du fret. « Le renforcement de la livre sterling favorise les exportations depuis l'Europe sur les îles, souligne Xavier Haurez, directeur général de Morvan. Nous avons enregistré une hausse de 4 % en 2014 qui se poursuit sur 2015 ». Quant à la BAI, elle attend impatiemment un projet d'aménagement de l'avant-port, prévu pour 2017, qui permettrait de baser à demeure à Saint-Malo non pas le navire Bretagne mais le Pont-Aven, dont les capacités de garage et de cabines sont bien plus importantes. Montant du projet : plus de 60 millions d'euros. Mais le financement reste à boucler. Car il faut retrouver la vraie croissance perdue par ce marché du transport de passagers, qui accusait une baisse de 2,7 % entre 2008 et 2013, et même de -15,9 % sur 2012-2013.






Des conteneurs en 2016 ?


Du côté du port intérieur, la réorganisation des espaces de stockage a porté ses fruits dès 2014 avec une hausse des trafics, tous tonnages confondus, de 12,8 % en 2014. 2015 devrait
toutefois enregistrer une baisse sur les importations de bois due à la fois à la conjoncture économique (baisse de la construction) et au positionnement plus compétitif du port de Honfleur. Principal opérateur malouin, la Timac devrait retrouver une petite hausse de ses volumes maintenant que l'usine a entièrement revu sa logistique. Enfin, la recherche permanente de nouveaux trafics par les différents opérateurs malouins pourrait déboucher prochainement sur la création d'une filière de conteneurs en provenance d'Anvers. Objectif : traiter 8.000 conteneurs annuels dès 2016, 20.000 à moyen terme.






La pêche aussi veut grossir




Saint-Malo ne serait pas Saint-Malo sans son port de pêche. Héritière historique des terre-neuvas qui ont rapporté la morue durant cinq siècles, la Compagnie des Pêches de Saint-Malo projette depuis deux ans de remplacer ses deux navires de grande pêche de 60 et 90 m par un seul de plus de 100 m. Celui-ci devra être capable de pêcher et traiter à bord aussi bien le merlan bleu que le cabillaud et l'églefin. Casse-tête pour les constructeurs, ce futur navire n'est toujours pas annoncé par la compagnie. Pour la soixantaine de bateaux de pêche côtière immatriculés à Saint-Malo, l'activité est très dépendante de la campagne de coquille Saint-Jacques de décembre à mai. Basés bassin Bouvet, une partie d'entre eux souhaite s'affranchir du passage d'écluse. Depuis 2008, les pêcheurs malouins demandent à la région Bretagne, propriétaire du port, d'aménager des places de stationnement pour une vingtaine de chalutiers dans l'avant-port. Ce sera chose faite après les huit mois de travaux qui démarrent à l'automne, et qui coûteront 4,8 M?.



B. Saussier et V. Monvoisin

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