Le plasturgiste Polytechs, dirigé par l'ancien président du MFQ de Haute-Normandie Patrick Coquelet, a entamé en fin d'année un vaste programme d'investissements et de R & D avec l'ambition de développer à l'horizon de trois ans un nouveau film plastique antiadhérent. Implantée à Cany-Barville depuis 1980, l'entreprise a fait sa réputation principalement auprès des grands groupes de la pétrochimie en réalisant à façon toutes sortes de «compounds» (composites issus du mélange de différents polymères). Pour gagner de nouveaux marchés, son dirigeant a fait le choix d'investir 5millions d'euros sur deux ans pour s'équiper de trois nouvelles lignes dont la première, «une machine high-tech», devrait être opérationnelle dès la fin janvier.
Spécialités contre commodités
«Pour maintenir une usine en Occident il faut se différencier!», justifie Patrick Coquelet qui pari sur les «spécialités» pour tirer son épingle du jeu: «si je me lance dans les commodités à fort volume et faibles marges, je suis mort car je ne pourrai pas absorber les charges d'exploitation. Sur des spécialités, nous sommes forcément moins d'acteurs et nous intéressons l'étranger» et notamment le grand export hors Europe, son principal axe de développement. Polytechs réalise aujourd'hui 70% de sa production «à façon» pour les pétrochimistes et autres transformateurs, soit 21.000 tonnes en 2011. Le dirigeant vise dans les cinq ans les 30.000 tonnes et 50millions d'euros de CA, chiffre synonyme de «saturation du site» qui obligera l'entreprise à envisager la croissance externe, «probablement au Moyen-Orient ou en Amérique du Sud», précise Patrick Coquelet, «pour produire et commercialiser sur place». Deux marchés en fort développement pour la PME normande qui réalise 70% de son chiffre d'affaires à l'export.
Dix embauches en deux ans
En même temps qu'elle s'équipe, la PME lance donc un programme de recherche (soutenu par Oséo), Cofilease, voué à permettre la production d'ici trois ans d'un film antiadhérent «destiné aux liners en France comme à l'étranger», explique le dirigeant. Engagé il y a un an déjà, le programme a nécessité le recrutement d'un thésard de l'Insa de Lyon. Cinq embauches au total ont été réalisées en 2011 et cinq autres sont prévues pour 2012.
G.D.
plasturgie. Pour conjurer les effets de la crise, le spécialiste des produits à façon mise sur le développement de sa gamme propre et l'export vers les pays émergents.