Grenoble
Pollution : Transdev en route vers la smart city à Grenoble ?
Grenoble # Services # Innovation

Pollution : Transdev en route vers la smart city à Grenoble ?

Transdev a lancé, à Grenoble, une expérimentation unique en France, avec la mise en place de dix capteurs destinés à mesurer la qualité de l'air.

L'exploitant de réseaux de transport Transdev, filiale de la Caisse des dépôts et de Consignations (50 %) et de Veolia (50 %), vient de mettre en place un test grandeur nature à Grenoble, dans le cadre de son laboratoire d'expérimentation sur les mobilités (Lemon) avec le Semitag et le SMTC. Une initiative à point nommé alors que les jours de circulation alternée ou différenciée se multiplient à Grenoble et à Lyon. « L'objectif de ce laboratoire est de voir comment augmenter l'attractivité du réseau de transport, en travaillant sur la sensibilisation et les changements de comportements » explique Sophie Boucaud, chef de projet chez Transdev. Après un premier test durant lequel des capteurs ont été installés sur le réseau de transports de Marne-la-Vallée « pour vérifier le bon fonctionnement du transport des données », Transdev a voulu franchir une nouvelle étape en installant dix capteurs sur le réseau grenoblois afin d'analyser les taux de particules fines. « À Marne-la-Vallée, les capteurs n'étaient pas assez nombreux pour être représentatifs. Grenoble a l'avantage d'avoir un réseau étendu, qui fournit une base de données plus représentative pour évaluer la qualité de l'air et expérimenter le dispositif à plus grande échelle », rapporte Sophie Boucaud.

Une expérimentation unique en France

Nommée GreenZenTag, ce projet a été déployé en partenariat avec le concepteur des capteurs Ecologic sense (Rousset, 13), le spécialiste de l'analyse de données Egis Environnement (Saint-Quentin en Yvelines, 78), ainsi que l'observatoire Air Rhône-Alpes, qui dispose déjà de plusieurs capteurs fixes à l'échelle du territoire. « Nous avons choisi la ligne de tram A à forte fréquence, pour expérimenter la pose des capteurs sur un nouveau support ». L'objectif ? Réaliser de premières modélisations à partir des données recueillies dès avril prochain. Chaque acteur y aura son intérêt : « Cela va permettre à Air Rhône-Alpes d'ajouter une pierre à l'édifice de ses modélisations, au SMTC d'être en mesure de donner une information plus fine à ses administrés sur la qualité de l'air, à l'échelle d'un quartier par exemple », résume Sophie Boucaud. Transdev n'est pas oublié : présent sur l'ensemble de l'Hexagone, l'exploitant y voit une opportunité « de proposer des services de mesure de la qualité de l'air dans les territoires de plus petite taille, qui ne bénéficieraient pas des capteurs d'Air Rhône-Alpes ». En d'autres termes : étendre son offre, grâce au big data, aux marchés de l'environnement et des smart cities.

Un nouveau modèle de services ?

« Nous verrons à l'issue de cette expérimentation si nous créons un nouveau projet Lemon sur Grenoble, ou si nous développons d'autres projets sur d'autres territoires », glisse à demi-mots Sophie Boucaud. Car avec 43 000 véhicules et 22 réseaux de tramway exploités à travers le monde, Transdev (83.000 collaborateurs dont 1.575 en Isère ; CA 2015 : 6,6 milliards d'euros, pourrait ainsi proposer de nouveaux services, en plus de l'exploitation quotidienne des réseaux de transports publics et de l'assistance à la maîtrise d'ouvrage : « Ces données pourraient faire partie des critères étudiés pour l'aménagement de nouveaux quartiers dans les villes. Ce sont des éléments que l'on travaille déjà au sein de nos appels d'offres ». Mais le modèle économique reste à préciser. Si le montant de cette expérimentation demeure confidentiel, Sophie Boucaud affirme qu'un capteur mobile fourni par Ecologic Sense coûterait « sept fois moins cher que d'autres capteurs mesurant la qualité de l'air ». Avec un avantage de taille : celui d'être mobile, et donc de pouvoir observer des zones géographiques spécifiques.

Grenoble # Services # Innovation