Scène plutôt étonnante ce vendredi 13 juin à la maison du fleuve Rhône, à Givors, à l'occasion de l'élection du nouvel exécutif du Pôle métropolitain. Gaël Perdriau, président de Saint-Étienne métropole, Jean Papadopulo, président de la Communauté d'agglomération Porte de l'Isère (Capi - Bourgoin-Jallieu) et Thierry Kovacs, président de ViennAgglo, tous les trois situés à droite de l'échiquier politique, proposent à l'unanimité de redonner les clés du Pôle à leur homologue lyonnais, le socialiste Gérard Collomb... Proposition entérinée avec une écrasante majorité.
Codéveloppement
Déjà président depuis 2012, Gérard Collomb a donc pour mission de poursuivre le déploiement du pôle, épaulé par ses trois nouveaux vice-présidents élus à la suite des dernières élections municipales. Déploiement, promet-il à l'assemblée métropolitaine, qui se fera au bénéfice de chacune des quatre agglomérations. « Nous n'avons pas une conception impérialiste de Lyon. Au contraire, nous avons une conception de codéveloppement des territoires. La différence de taille n'empêche pas d'avoir des objectifs communs... Saint-Étienne et Lyon peuvent réussir à s'entendre. » Gaël Perdriau acquiesce, sourit et enchaîne : « Nous devons faire gagner ensemble nos territoires. J'espère que le Pôle métropolitain donnera un visage encore plus rayonnant à nos territoires ». Des prises de parole particulièrement consensuelles donc et contrastant nettement avec d'autres interventions moins policées des deux protagonistes, sur leurs terrains de jeu respectifs. Quelques jours plus tôt, à l'occasion de l'assemblée générale du Medef Loire, le nouveau maire de Saint-Étienne reprochait ainsi à l'édile lyonnais d'avoir trop longtemps tiré la couverture à lui. « Je considère que Saint-Étienne n'a pas été respectée ces dernières années. Je suis d'accord pour développer ensemble le Pôle métropolitain, à condition que toutes les retombées ne bénéficient pas uniquement à Lyon. Je l'ai fait savoir bien clairement. » En réponse, Gérard Collomb se serait engagé à favoriser le développement de l'activité design à Saint-Étienne, notamment en fournissant des listings d'entreprises lyonnaises susceptibles d'êtres intéressées par les services de la Cité du Design stéphanoise. Comme en écho, le maire de Lyon, sur ses terres, affiche l'intérêt que représente Lyon pour les autres villes du pôle métropolitain. Ainsi, à propos de la candidature au label French Tech, le sénateur-maire rappelait qu'« entre l'écosystème stéphanois et l'écosystème lyonnais, il y a une différence de taille. À terme, sur ce dossier, Saint-Étienne se placerait sous la bannière de Lyon. Je considère que Lyon a des devoirs envers son territoire. De la même façon que de grandes entreprises du pays isérois que sont Vicat ou Lafarge pourraient bénéficier de l'attractivité lyonnaise pour attirer des talents. Il règne une fausse idée, qui dit que lorsqu'une ville est forte, ses territoires limitrophes en pâtissent. L'économiste Laurent Davezies a parfaitement démontré que c'est l'inverse. Une ville forte ne dépouille pas les territoires alentours ». L'enjeu de ce nouveau mandat ? Prouver que le Pôle métropolitain sert l'intérêt de tous ses membres.
Le pôle métropolitain, constitué des agglomérations de Lyon, Saint-Étienne, Vienne et Bourgoin-Jallieu, a installé mi-juin son nouvel exécutif. Un exécutif tout sourire affichant sa volonté de se développer à l'unisson. Ce consensus ne serait-il qu'une façade ?