Pôle de compétitivité : Pass contre-attaque

Pôle de compétitivité : Pass contre-attaque

Le pôle de compétitivité PASS (Parfums, Arômes, Senteurs et Saveurs) déroule ses arguments pour sortir par le haut des évaluations (en cours) demandées par Bercy, qui visent à alimenter la future réforme des clusters qui sera dévoilée en juin.

Plus de dix ans après leur création, l'heure du bilan a sonné pour les 71 pôles de compétitivité français. L'objectif du gouvernement : moderniser le dispositif pour mieux l'articuler avec sa politique industrielle, mieux impliquer les régions (notamment dans le financement des animations) et les rendre plus lisibles, quitte à préconiser des rapprochements autour de neuf solutions industrielles. Certains, en PACA, ont déjà pris les devants. Comme Risques et Pégase qui ont réuni leurs forces au sein d'un nouveau pôle, baptisé SAFE (pour Security ans Aerospace actors for the Future of the Earth). D'autres peinent à y arriver à l'instar des clusters PASS et Cosmetic Valley. Or, l'union du premier, consacré à la production des matières premières des parfums et arômes, et du second, dans lequel figure les plus grandes marques du secteur, semble dans ce contexte inévitable.

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En prévision du remodelage des pôles, PASS, discret jusqu'alors sur ce sujet, sort du bois. Pour le cluster grassois, la faute en incomberait à son homologue francilien. "Après la signature d’un accord de partenariat en mars 2015, le Pôle PASS a proposé dès le mois de juin 2015 sa vision de la valeur ajoutée d’un rapprochement avec Cosmetic Valley en identifiant les grands enjeux technologiques et les développements communs avec des propositions de travail concrètes pour les aborder. Disposant peut-être d’informations particulières permettant de délabelliser un pôle de compétitivité hors du cadre d’une évaluation nationale, la Cosmetic Valley et son président Mr Jamet n’ont pas souhaité entrer dans cette démarche de construction, préférant axer les débats sur la perte préalable du label du Pôle PASS, des questions d’image, de marque, de chiffre d’affaires, d’absorption ou de concurrence", indique sa direction dans un communiqué. "Cette attitude contraste singulièrement avec les récents propos des ministres, MM Macron et Baylet qui, après avoir clairement reconnus la valeur ajoutée indiscutable des écosystèmes créés par les pôles et l’inutilité de les détruire avec une délabellisation, ont fortement encouragé à se placer dans une recherche d’amélioration continue pour renforcer le dispositif au service de l’économie des territoires", est-il ajouté.
Et PASS de réaffirmer sa volonté "d’un rapprochement interactif et de valeur pour les adhérents" sur "un projet et des objectifs communs pour produire la valeur ajoutée". Et de préciser, notamment, son partenariat sur les écoprocédés avec les pôles TERRALIA et TRIMATEC qui a conduit à la création de France Eco Extraction en plus d’une plateforme technologique. "Une évolution structurelle intelligente entre deux Pôles reconnus mondialement devrait donc conduire à plus", conclut-il.

Si PASS et ses 165 adhérents font figure de petit poucet face aux 800 membres de Cosmetic Valley, le pôle azuréen annonce toutefois la création de 400 à 800 emplois tous les ans, une présence à l’international marquée par un taux moyen à l’export de l’ordre de 70% et une réelle dynamique en termes de développement et d’investissement en R&D. "Les projets labellisés et financés du Pôle PASS ont généré près de 5.000 € d’investissement de R&D par salarié de ses sociétés adhérentes quand Cosmetic Valley parvenait à impulser entre 3.500 et 4.800 € d’investissement de R&D par salarié." Qu'on se le dise, PASS n'a pas dit son dernier mot.