Les blocages. « Il faut réaffirmer que la France a besoin de réformes courageuses que d'autres ont réussi comme l'Italie, l'Espagne, ou encore la Roumanie. Des réformes courageuses mais douloureuses a mener pour le pays. Cette crise, nous la portons depuis 2008 : d'abord financière, économique, puis sociale et enfin politique car l'État devient impuissant à convaincre la France. On s'interroge beaucoup dans les PME sur la question de la France qui travaille et de celle qui manifeste car les profils de ceux qui manifestent sont ceux de gens qui globalement ont des emplois à vie comme à la SNCF, le monde portuaire, le personnel des raffineries. Des gens au final assez protégés et qui luttent autour d'acquis qui sont exceptionnels. Des gens qui gagnent souvent plus qu'un petit artisan dont le salaire moyen est à peine de 2.000€ par mois. C'est une forme d'aristocratie du prolétariat qui prend en otage l'ensemble des Français et plonge le pays dans une situation économique très difficile. Ce sont des combats d'arrière-garde. »
La loi El Khomri. « C'est la limite de la méthode du consensus. À force de vouloir faire " plaisir " à tout le monde, on ne fait " plaisir " à personne. Le FMI appelle la France aux réformes et Christine Lagarde dit que la loi El Khomri ne suffira pas à résorber le chômage de masse. Il faut faire des réformes il n'y a pas le choix. Le vrai courage d'un homme politique c'est de mettre en place les réformes nécessaires, même si elles sont douloureuses et impopulaires. »
L'ADN. « Je salue le démarrage de la nouvelle agence de développement pour la Normandie (ADN). Le monde économique local est en forte attente de cette agence. Avant cela, l'offre était très dispersée, pas lisible ni visible. Et ce qui freine le chef d'entreprise dans ses démarches, c'est la complexité. Nous porterons la parole des PME dans cette agence car nous ferons partie de la gouvernance. Nous comptons sur la capacité de l'ADN à analyser et individualiser les réponses. Les problématiques sont liées au financement des trésoreries, au financement de projets d'investissement car les banques ont du mal à suivre et les crédits sont rapidement coupés. Si on arrive à apporter le soutien qui manque à ces entreprises, le coefficient multiplicateur va être important et va irriguer le territoire ».
Philippe Rosay en quelques dates
Né le 12 mai 1946 à Harfleur. Ingénieur en génie climatique, il reprend l'entreprise familiale Rosay en 1984. Président CCI du Havre de 1999 à 2004, il est vice-président national Agefos PME.