Certes, une hausse de chiffre d'affaires ne laisse pas forcément présumer de la bonne santé économique d'une entreprise, de ses fonds propres, de ses marges. D'autres outils - EBE, résultat net... - existent pour juger de sa rentabilité. La croissance de chiffre d'affaires reste cependant un bon indicateur de son dynamisme commercial. Le Top 100 ci-contre liste les entreprises alsaciennes ayant connu les plus importantes hausses de chiffre d'affaires sur les trois derniers exercices fiscaux, soit depuis 2010.Un tiers seulement des entreprises citées sont haut-rhinoises. Il s'agit pour l'essentiel de PME dont le chiffre d'affaires est inférieur à 10 M€. Même si l'on en trouve quelques-unes de plus grande envergure, tel que le fabricant de machines outils Trumpf Machines (13e au classement), à Haguenau. La filiale du groupe allemand qui emploie quelque 150 personnes, investit actuellement dans l'extension de son site. C'est la septième extension en 22 ans...
Des secteurs en crise
Il est surprenant de constater que, malgré le contexte économique peu favorable dans lequel elles évoluent, la plupart des PME de ce classement appartiennent à des secteurs fortement impactés ces dernières années par la crise économique. Cinq des 10 premières sont des sociétés de promotion et de gestion immobilière. La fédération des promoteurs immobiliers de France considère pourtant 2012 comme la plus mauvaise année en terme de ventes. Et si une légère amélioration semble pointer cette année, l'ambiance n'est pas à l'euphorie. En Alsace, jusqu'alors relativement épargnée, le ralentissement des mises en chantier dans le logement comme le tertiaire, est réel en 2012, tout comme les ventes de logements ou bureaux. Cependant, la bonne tenue du collectif (65 % des logements commencés dans le Bas-Rhin en 2012 contre 51 % au niveau national) peut en partie expliquer que certaines entreprises aient pu tirer leur épingle du jeu. On trouve aussi dans le classement plusieurs entreprises du bâtiment, qui auront su décrocher des contrats sur les chantiers menés par les collectivités ou les entreprises ayant lancé des investissements ces dernières années. Autre secteur bien représenté ici : le commerce et la vente par correspondance.Les grandes absentes sont les entreprises positionnées dans des secteurs qui ont pourtant le vent en poupe, dans les nouvelles technologies de l'information (même si on trouve quelques SSII telles que Digora), les biotechnologies, les services à la personne ou encore l'industrie agroalimentaire, un secteur pourtant fort dans la région. Preuve que l'adversité rend combatif... Évoluer dans un secteur sinistré ne condamne pas à disparaître. Les entreprises qui se démarquent sont celles qui osent, qui innovent, exportent, qui s'adaptent à la conjoncture en modulant leur offre tout en se préparant à des jours meilleurs.
Top 100 Les PME alsaciennes ayant la plus belle progression de chiffre d'affaires depuis 2010 ne sont ni dans les NTIC, ni les biotech, ni les services à la personne...