Pierre Bénard,
directeur du site Thales Alenia Space de Cannes.
Quel bilan tirez-vous de l'année 2010 pour Thales Alenia Space?
Cette année aura été une année performante pour le groupe qui, malgré la crise, a atteint son objectif de stabiliser son chiffre d'affaires (2milliards d'euros), mais surtout, une année marquée par deux mégas contrats: Météosat (1,3 Md€), pour la construction de 6 satellites de 3e génération, et
Iridium (1 Md€) pour celle d'une constellation de 80 satellites.
Cela va-t-il se traduire par de nouveaux emplois?
Ces contrats, gagnés en parten
ariat avec d'autres industriels, sont étalés dans le temps: 10 ans pou
r Météosat, 7 ans pour Iridium. En terme d'emplois, cela va nous mettre plutôt dans une logique de renouvellement des départs à la retraite. En 2010, nous avons embauché plus de 150 personnes sur les sites de Cannes et de Toulouse. Pour 2011, tout dépendra de l'activité commerciale à venir. Un cycle vient de s'achever. On part sur une nouvelle étape, mais on a perdu en visibilité. Les différents gouvernements annoncent des tours de vis budgétaires. Et les clients privés ont des difficultés à boucler leur financement. On pressent beaucoup d'appels d'offres dans les cartons, mais combien seront effectivement lancés, c'est difficile à dire. De plus, on constate le retour des Américains sur le marché des satellites géostationnaires de télécommunication. Bref, davantage de concurrence, moins de visibilité et plus d'incertitude. À nous d'être très attentif de façon à bien sentir les attentes des clients.
Où en êtes-vous dans le redéploiement du site de Cannes?
On a franchi une étape importante avec la mise en service de notre bâtiment ingénierie programme, baptisé Odyssée. Depuis octobre, 700 personnes y sont installées. On poursuit aujourd'hui les aménagements des autres bâtiments pour une réorganisation du site par pôles d'activités. Le redéploiement complet (pour un investissement total de 41M€, ndlr) devrait être terminé d'ici à mai prochain. Pour 2012, il est prévu de réaménager l'ensemble de nos activités logistiques avec la construction d'un bâtiment supplémentaire.
- TROIS QUESTIONS À