Semelles en feutre, caoutchouc, PVC, polyuréthane... À Champagné, Plastigom fabrique chaque année 150.000 paires de pantoufles et chaussures en toile qu'elle commercialise sous sa marque La Vague. Un savoir-faire maîtrisé depuis l'entre-deux-guerres que l'entreprise entend pérenniser via de nouveaux de produits. Ainsi Plastigom lance une nouvelle gamme de chaussons à partir de matières premières issues du recyclage. «En réalité, on peut dire que cette démarche verte est initiée depuis longtemps. Notre production est 100% française et nous pouvons travailler des produits entièrement cousus, sans colle. Le seul frein jusqu'à présent était de trouver des matières premières aptes à être mise en production», explique Anne-Lise Morin, directrice de l'usine.
Nouveaux produits
La solution vient d'un tissu élaboré à partir de bouteilles en plastique recyclées, en phase avec les réflexions menées en interne sur le développement durable. «C'est sûr que l'on ne va pas réinventer la Charentaise, mais on fait le choix d'un produit ludique alors qu'historiquement nous ciblons le troisième âge». Un virage de la différenciation que l'entreprise négocie également dans le domaine du paramédical, où Plastigom cherche à s'implanter avec une nouvelle marque. Baptisée «Les médicales de La Vague», cette nouvelle gamme s'adresse aux publics souffrant du pied et devrait bénéficier d'un agrément de la Sécurité Sociale au titre de chaussure orthopédique temporaire. «Nous sommes partis de notre produit de base, que nous avons élargi et doté d'une ouverture extensible ainsi que d'une doublure anti-bactérienne». Des orientations tirées des enseignements d'un module commercial suivi dans le cadre du programme Dynamic de la CCI Pays de la Loire. Débutée en 2008, cette boucle devait permettre à Plastigom de reprendre pied sur le marché français. «Nous avons traversé des baisses de volumes récurrentes jusqu'à cette année-là. Dans le même temps, l'arrivée de la crise a été une prise de conscience pour le consommateur qui s'est mis à penser "achat durable". Ca nous a permis de relever la barre», se souvient Anne-Lise Morin.
Concurrence à bas coûts
Néanmoins si le retour du traditionnel et de la qualité chez le consommateur profite à l'entreprise, celle-ci doit faire face à une concurrence, française, qui fabrique à l'étranger. Car avec des produits fabriqués en France et distribué via les détaillants indépendants de centre-ville, la marge de manoeuvre de Plastigom reste donc étroite. D'autant que le coût de la matière première seule équivaut au prix de vente d'une paire de pantoufles en supermarché. «La qualité, le choix des matières nous différencie de la concurrence, mais sur un marché qui tend à diminuer, ça ne suffit pas».
Savoir-faire
à transmettre Autre enjeu pour la dirigeante, la transmission du savoir-faire. Dans cette entreprise de 30 salariés, où certaines ouvrières ont parfois plus de quarante ans d'ancienneté, les compétences acquises au fil des années sont justement le gage de la qualité des productions de Plastigom. «Ca passe par des stagiaires, notamment du lycée Hélène Boucher duMans qui possède une section dédiée au travail de la matière textile». Et si aujourd'hui l'entreprise prend le pari de la différenciation, pas question de renoncer à ce qui a fait le succès de La Vague. «On conserve nos produits historiques, nous sommes attendus dessus», conclut Anne-Lise Morin.
Plastigom
(Champagné) P-dg: Hubert de Chaisemartin D-g: Anne-Lise Morin CA 2011: 2,6M€ 30 salariés 02 43 89 20 00