Onze ans après sa création, l'euro serait déjà menacé dans son existence! De l'aveu même d'Angela Merkel, la monnaie unique pourrait connaître «une phase très difficile». Car si l'euro est la monnaie des Allemands, c'est aussi la monnaie des Grecs, deux peuples souverains. «Qui va aller dire au Parlement grec qu'il est prié de faire une nouvelle réforme des retraites? s'interroge la chancelière. Je ne sais pas si l'on apprécierait beaucoup là-bas que l'Allemagne dicte des ordres.» C'est connu, l'euro est une monnaie sans État, et donc, à la merci du bon vouloir des douze peuples qui la partagent. Personne ne pourra empêcher la Grèce de faire faillite, si tel est son bon plaisir! Déjà le pays suscite la méfiance des investisseurs. La Grèce doit payer 6% d'intérêts pour s'endetter à 10 ans, contre 3,3% en Allemagne ou 3,5% en France. Question: une faillite de la Grèce menacerait-elle l'euro? «Absolument pas!», répond-on à la Banque de France, où l'on s'agace contre ce débat sur l'implosion de la monnaie unique. Christian Noyer, le gouverneur de la Banque de France, fait le parallèle avec la Californie, un État au bord de la faillite, mais qui en aucun cas ne menace le statut du dollar. C'est la même chose avec la Grèce. En fait, le vrai risque, c'est que cette ?maladie grecque? se propage aux autres pays européens. Car, pour s'en sortir, Athènes ne peut plus dévaluer sa monnaie. Autrefois quand un pays était malade, il faisait baisser sa monnaie et redevenait ainsi compétitif. Par définition, le dumping monétaire est désormais impossible dans la zone euro. Dès lors, la seule solution consiste à baisser... les salaires! C'est ce que font les Irlandais avec beaucoup de courage. Mais c'est culturellement beaucoup plus compliqué en Europe du Sud. L'agence Moody's estime ainsi que des pays comme la Grèce ou le Portugal risquent de se voir condamnés à une ?mort lente?. Le magazine The Economist a même créé un petit club de pays en danger: les ?Pigs?- ?cochons?en anglais - pour: Portugal, Italie, Grèce et Spain (Espagne). On se réjouira, au passage, que le mot ?cochon? ne prenne pas de ?f? en anglais!
Planète écoPar Axel de Tarlé L'euro une tragédie grecque
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la rédaction
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