Planète écoPar Axel de Tarlé Le mystère des ?salaires qui n'augmentent pas? enfin résolu!

Planète écoPar Axel de Tarlé Le mystère des ?salaires qui n'augmentent pas? enfin résolu!

Mais pourquoi donc les salaires n'augmentent-ils pas? Suspect n°1: les actionnaires «qui en veulent toujours plus»! C'est ainsi que Nicolas Sarkozy a ouvert le débat sur la «répartition de la richesse en entreprise». Le chef de l'État avait en tête l'idée des trois tiers: un tiers des bénéfices pour les salariés, un tiers pour l'entreprise, un tiers pour l'actionnaire. Avant de passer à l'acte, Nicolas Sarkozy a missionné Jean-Philippe Cotis, le directeur de l'Insee, pour dresser un état des lieux. Et là, ô surprise, le rapport «Cotis», rendu le mois dernier, est arrivé à des conclusions toutes différentes de celles qu'on attendait. Primo: il est faux de dire que les actionnaires «en veulent toujours plus, au détriment des salariés». Si on prend l'ensemble des richesses créées en entreprise (et pas seulement les bénéfices), l'entreprise reverse les deux tiers en salaires, et cette part n'a pas bougé depuis 25 ans! Ce constat, effectivement, n'est pas valable en Allemagne ou aux États-Unis, où les salariés ont été mis à la diète, mais pas en France! Question suivante: où est donc passé l'argent? Car en 25 ans, les entreprises se sont développées. Réponse: dans la poche de la Sécu! C'est écrit noir sur blanc dans le rapport Cotis: «La France a fait le choix d'une protection sociale de haut niveau», c'est ce qui explique une «progression extrêmement faible du salaire net». Depuis 25 ans, les charges sociales n'ont cessé d'augmenter, ce sont toutes ces lignes, toujours plus gourmandes, qui séparent le «salaire brut» du «salaire net». En 1970, quand un patron payait 100 en salaire, 71 arrivaient dans la poche du salarié, aujourd'hui, c'est 59! C'est dire l'effet ?boomerang? de ce rapport Cotis. Nicolas Sarkozy pensait dénoncer la cupidité des actionnaires, et voilà qu'il se retrouve avec le débat explosif du financement des retraites et de la santé. Car le patronat n'a pas été long à embrayer. À la lecture du rapport Cotis, la CGPME a demandé à ce que l'on revoie l'assiette du financement de la Sécurité sociale, avec cette question lancinante: faut-il taxer toujours plus le travail?