Planète écoPar Axel de Tarlé Bientôt, l'Euro-Franc!

Planète écoPar Axel de Tarlé Bientôt, l'Euro-Franc!

À vos calculettes, le franc est de retour! Angela Merkel a brisé un tabou en affirmant explicitement qu'un pays pouvait sortir de l'euro, «expulsé» pour mauvaise gestion. Une hypothèse jusque-là jugée absurde par la Banque centrale européenne: «C'est comme si on excluait la Californie du dollar parce que l'État d'Arnold Schwarzenegger est au bord de la faillite!» Mais la crise grecque a révélé un malaise très profond, dont les déficits et la dette ne sont que les symptômes. Depuis la création de l'euro, les coûts de production en Europe du Sud ont augmenté de 15% à 30% plus vite qu'en Allemagne (+17% en France,+27% en Espagne). Résultat: l'Europe du Sud n'est plus compétitive face à l'Allemagne. D'où des excédents commerciaux gigantesques en Allemagne (135milliards d'euros en 2009) qui correspondent à autant de déficits en Europe du Sud (43milliards pour la France en 2009). Il faut se rendre à l'évidence, le pari de l'euro a échoué. On pensait qu'avec une monnaie unique, les économies convergeraient, elles divergent! Et comme on ne peut plus dévaluer, la situation est bloquée. L'économiste Christian Saint-Étienne craint le pire: «Si on laisse ainsi pourrir la situation, on va se retrouver avec un chômage explosif et des émeutes de rue.» L'économiste propose donc de scinder l'euro en deux monnaies. Un euro fort, «l'euro-mark», pour les zones compétitives et fortement exportatrices (Allemagne, Pays-Bas...); et un euro «pour les nuls» (France, Italie, Espagne, Grèce...), un «euro-franc» qu'on pourrait ainsi dévaluer, afin de permettre aux pays du Sud de l'Europe de redevenir compétitifs. La proposition semble quelque peu iconoclaste, mais elle n'a malheureusement plus rien d'absurde, maintenant qu'on envisage officiellement la sortie d'un pays de la zone euro. Évidemment, on ne peut exclure que ce processus ne s'emballe avec, in fine, une désintégration totale de l'euro (façon URSS!) et un retour aux monnaies nationales. Ce serait évidemment un échec pathétique pour l'Europe, dont se réjouirait le reste du monde: le dollar resterait la seule monnaie du monde et la Chine, le seul contrepoids économique. Maintenant, faisons un voeu: que cet édito reste du domaine de l'élucubration!