C’est un coup dur pour l’écosystème du réemploi nantais. Fondée par Claire Nijdam et Olivier de Kerimel en 2020, la start-up Berny a développé un système de consigne, notamment à destination des grandes surfaces, avec des emballages réemployables en inox. L’entreprise nantaise mise sur ce matériau "qui ne se casse pas et est recyclable à 100 % et à l’infini". Mais après quatre ans de développement, Berny vient d’être placée en redressement judiciaire par le Tribunal de Commerce de Nantes. L’entreprise recherche un repreneur "passionné, visionnaire et prêt à relever les défis de la transition écologique, souligne sur les réseaux sociaux Olivier de Kerimel, dirigeant de Berny. C’est une belle opportunité pour tous ceux qui souhaitent accompagner les besoins croissants du marché du réemploi, et contribuer concrètement à un avenir durable".
Des centres Leclerc déjà conquis
Cette annonce a de quoi surprendre, puisque tout semblait bien s’enchaîner pour la start-up. Après avoir réalisé en 2022 une première levée de fonds de 2 millions d’euros auprès d’Épopée Gestion, Pays de la Loire Participations et de business angels, Berny a cumulé les clients. L’entreprise, qui comptait alors 14 collaborateurs, loue ses barquettes aux moyennes et grandes surfaces. Elle opère ensuite le service de collecte et de lavage qui va permettre leur réemploi. Les consommateurs qui choisissent ce contenant passent à la caisse, paient une consigne, et rapportent ensuite leur emballage pour se faire rembourser.
"Les magasins déploient notre système de consigne sur des nouveaux rayons auxquels nous n’avions pas pensé"
L’année dernière, la start-up avait livré 5 000 barquettes à l’entrepôt de la Socamaine, la centrale d’achats Leclerc du Maine-et-Loire, afin de les déployer dans 10 magasins du groupe. Quelques mois plus tard, son système de consigne se retrouvait au E.Leclerc nantais de la zone Atlantis, soit le 5e plus gros hypermarché français. "Au départ, on pensait adresser une petite partie des produits frais emballés. Les magasins […] le déploient sur des nouveaux rayons auxquels nous n’avions pas pensé, comme les rayons fromagerie et pâtisserie", se félicitait sur les réseaux sociaux Olivier de Kerimel, il y a six mois.
Une loi Agec pour le réemploi
Aujourd’hui, pour l’entreprise, labellisé par l’association Ruptur, le ton est à attirer un nouveau repreneur. "Nous avons pu franchir des étapes importantes dans cette aventure et confirmer auprès de la grande distribution la pertinence de notre modèle", souligne Olivier de Kerimel. Il faut dire que la législation à venir penche aussi dans le sens de Berny. La loi Anti-gaspillage pour une économie circulaire (Agec) imposera à la grande distribution de passer à une part d’emballage réemployable de 10 % en 2027. Une potentielle aubaine pour Berny, à condition de survivre d’ici là : la date limite de dépôt des offres est fixé au 2 décembre.