Pixel vient d'être inauguré sur le site des anciens Moulins de Strasbourg, à Villeurbanne. 23M€ auront été nécessaires pour bâtir ce pôle cinéma et audiovisuel régional de 13.000m², aménagé par Icade avec l'investisseur LB Immo Invest, sur un terrain mis à la disposition par le Grand Lyon pendant 60 ans. Imaginove, le pôle de compétitivité des images en mouvement, a investi ses nouveaux bureaux. Une brasserie, Sapristi, devrait ouvrir l'été prochain sur 400m², en rez-de-chaussée de la minoterie... «Au total, nous avons une surface de 11.000m² à commercialiser, répartie en restaurant, bureaux et locaux d'activité. La commercialisation devrait être terminée en fin d'année», pronostique Laurent Doyat, d'Icade. Tout l'enjeu de Pixel est de réunir des sociétés du monde du cinéma et de l'audiovisuel pour développer cette activité initiée sur place par la construction du Studio 24, en 2002. Rhône-Alpes Cinéma gérait le Studio 24. Depuis ce mois de janvier, la société, filiale de la Région Rhône-Alpes, de CDE Entreprises et de Caisse d'Épargne Rhône-Alpes voit ses outils démultipliés avec l'ouverture de deux nouveaux studios, Lumière 1 (860m²) et Lumière 2 (380m²), également équipés pour recevoir du public, apportent des moyens supplémentaires pour attirer des tournages en région. Une nouvelle entité, Rhône-Alpes Studios, a été créée pour gérer les studios ainsi qu'un bâtiment de bureaux où huit entreprises du monde du cinéma se sont installées en location, aux côtés de Rhône-Alpes Cinéma.
Retombées économiques
En 2008, la société qui a pour but d'investir dans la coproduction de longs métrages pour le compte de la Région, a injecté 3,7M€ dans quatorze films. Cela représente 5 à 10% du budget des films. Les critères de sélection sont artistiques, mais aussi économiques: le tournage du film, agréé par le CNC, doit être significativement réalisé en Rhône-Alpes, et 100% du montant investi doivent être dépensés dans la région. «Un film dépense en moyenne 500.000 € dans la région, en hébergement, restauration, technique, logistique, emploi... », souligne Grégory Faes, directeur de Rhône-Alpes Cinéma. Son équipe de six personnes tente de suivre les projets en amont (aide à l'écriture, mise en place d'un bureau des auteurs), et en aval (accompagnement à la promotion et à la diffusion). Là où, souvent, les régions fonctionnent sur le mode de la subvention, Rhône-Alpes Cinéma réinvesti ses surplus de recettes et autofinance son fonctionnement. En 2008, elle a ainsi investi 700.000€ de plus que son budget annuel. Avec Pixel, la Région espère drainer d'autant plus d'activité de tournage et répondre aux mutations du secteur, comme l'explique Grégory Faes: «Ce pôle a pour but de solidifier et de pérenniser l'activité audiovisuelle, alors que l'on vit à la fois une révolution en termes d'usage de l'image et du financement des productions. La présence sur ce site d'Imaginove, par exemple, nous pousse à la mutation.»
www.polepixel.com
Les nouveaux studios detournage ont ouvert, lespremiers locataires des bureaux s'installent... Le site de 13.000m² dédié au cinéma et à l'audiovisuel prend vie.