C’est le hasard de l’alphabet qui fait d’Antoine Pipard, 25 ans, le gérant de la SARL basée à Drouges, près de la Guerche-de-Bretagne à l’est de Rennes. « Avec mon père, mon oncle et mes deux cousins, nous sommes aujourd’hui cinq associés. Sauf que j’apparais le premier par ordre alphabétique ! », explique-t-il amusé. Il est du coup le plus jeune des cinquante premiers de notre classement des jeunes dirigeants.
PME familiale
L’entreprise familiale est spécialisée dans la construction-charpente de bâtiments agricoles, secteur où elle réalise bon an mal an autour de 2,8 millions d’euros de chiffre d’affaires pour un effectif total de treize salariés. « C’est vrai que les temps sont aujourd’hui un peu plus compliqués qu’il y a encore quatre ou cinq ans... Avant, nous avions une lisibilité de notre carnet de commandes sur un an. Aujourd’hui, c’est à trois ou quatre mois. Mais il y a toujours du travail. » Comme ses deux cousins un peu plus âgés que lui - 28 et 31 ans -, Antoine est petit à petit initié aux arcanes de la direction d’entreprise par son père et son oncle qui devraient partir à la retraite d’ici deux à trois ans.
« Ils nous expliquent les choses, progressivement. Et les gars de l’entreprise ont appris à nous connaître. Moi, je suis ici depuis six ans et depuis le début, je suis tous les jours sur les chantiers avec eux. Ils ont appris à nous jauger sur le terrain », confie le jeune dirigeant.
Une répartition des tâches essentielle
Titulaire d’un BEP charpente-menuiserie, Antoine Pipard a déjà une idée assez précise de la répartition des tâches entre cousins : « Moi, la vente, le commercial, ce n’est pas mon truc. Mais cela intéresse un de mes cousins. Mais la gestion financière ne me dérange pas, même si j’ai vocation à m’occuper de l’atelier. » Antoine Pipard n’est pas non plus effrayé à l’idée de se retrouver avec ses cousins dans deux ou trois ans dans la peau de co-responsables d’une entreprise, autonomes après le départ de leurs pères respectifs.
Préparation des rôles et formation
« Ils nous préparent. À l’occasion d’un changement de logiciel de facturation, nous avons tous les trois suivi une formation. Et s’il faut en suivre d’autres, nous le ferons », explique-t-il. « Le plus dur, c’est de se projeter à dix ou quinze ans », reconnaît Antoine Pipard. Nous construisons principalement des porcheries. Où en sera le secteur dans cinq ou dix ans ? Sans doute faudra-t-il se diversifier. Tout dépendra du marché... », conclut-il.