Depuis 2009, Phoceis, basée à Villeneuve d'Ascq, s'était spécialisée dans la digitalisation des parcours clients pour les grandes enseignes. « Nous avons développé des solutions pour dématérialiser les cartes de fidélité, ou faciliter le passage en caisse. Tout récemment, on a créé un système de localisation pour Leroy Merlin, qui permet aux clients de se repérer dans le magasin en flashant le produit devant lequel ils se trouvent », explique Julien Saumande, le fondateur de Phoceis.
Une filiale en Chine
Après une levée de fonds d'environ un million d'euros fin 2014, Phoceis a beaucoup investi. En Chine d'abord, où la start-up a ouvert une filiale de six personnes en avril. Une décision coûteuse, mais qui lui permet de travailler, sur place, pour de grands groupes français, comme Auchan, Decathlon, Accord Hôtels ou JC Decaux. « Le chiffre d'affaires en Chine pourrait bientôt dépasser celui réalisé en France, le marché y est bien plus dynamique », estime d'ailleurs Julien Saumande. En 2014, l'entreprise de 27 salariés a réalisé environ 1,3 M€ de chiffre d'affaires, qui lui permettent d'être rentable. Et 2015 s'annonce en forte hausse, l'effet d'un virage d'importance.
Vers une diversification
Pour répondre à un appel à projet du Picom, les équipes de Phoceis ont imaginé une chaussure connectée, qui change de couleur à volonté. Une idée qui a séduit Eram. Le chausseur et la start-up ont mis au point un prototype, une sandale habillée d'un tissu intégrant de la fibre optique, connectée à des capteurs dissimulés dans la semelle. Grâce à son smartphone, l'utilisatrice peut choisir la couleur qu'elle veut, ou même flasher la teinte de son sac, par exemple, pour y assortir ses chaussures. Un coup de com'pour la marque, mais l'opération pourrait aller bien plus loin. « Quand ils ont vu l'intérêt que suscite le prototype, ça leur a donné des idées », explique Julien Saumande. « Une V2 est en cours de préparation, avec encore plus de fonctionnalités, et un modèle de chaussure connectée pourrait faire partie de leur collection 2016, c'est en réflexion. »
Une nouvelle entreprise
Cette incartade vers les objets connectés a également séduit la start-up. « L'expérience a vraiment été concluante pour nous. On s'est aperçu qu'on pouvait tout faire en interne, c'est-à-dire développer à la fois les objets connectés et les applis qui les accompagnent. On peut vraiment gérer les projets depuis l'esquisse sur le papier jusqu'à la porte de l'usine, ce qui n'est pas le cas de toutes les équipes. » Poursuivre plus avant dans le domaine va cependant demander des ajustements. « On nous connaît surtout pour le développement d'applications, pas pour les objets connectés. On s'apprête donc à lancer une deuxième société, une sorte de spin-off de Phoceis, pour clarifier notre message, et garder notre première activité. » La naissance de cette seconde entité devrait être officialisée en janvier à Las Vegas, lors du CES 2016, où Phoceis et Eram ont présenté leur chaussure.
Phoceis
(Villeneuve-d'Ascq) Dirigeant : Julien Saumande / CA 2014: 1,3 M€ / 27 salariés / www.phoceis.fr