La région Haute-Normandie ne fait pas exception à ce phénomène. Ainsi, selon Jean-Christophe Larant, président de l'ordre régional des pharmaciens: «La situation locale est identique à la situation nationale». Selon l'étude publiée par Coface services, plus de 24% des pharmacies sont menacées d'un «fort risque de faillite» en 2011. Depuis quelques années, le nombre de fermetures augmente régulièrement avec, en 2010, 167 pharmacies ayant mis la clé sous la porte. En cause, des taux d'endettements élevés (plus de 104% en moyenne pour les pharmacies en dépôt de bilan) et des difficultés de trésorerie. Trois facteurs principaux expliquent la situation, pour Jean-Christophe Larant: «Des conjonctures simultanées: la stagnation de la consommation de médicaments, l'augmentation de la désertification médicale et la concurrence accrue dans le réseau et hors réseau avec la parapharmaciesur les produits non remboursés».
Le problème du maillage C'est la quatrième cause des problèmes rencontrés par les
pharmaciens, d'après le président de l'ordre régional: «Il y a une forte concentration des officines en centre-ville, c'est historique: le maillage territorial était lié à l'implantation des médecins. Aujourd'hui de nombreux médecins se sont installés en périphérie, notamment par regroupement, du coup, cela a créé une surdensité en centre-ville». Pour répondre à cette problématique, depuis le 1erjanvier 2008, une loi a instauré un gel des licences: «Avant, une implantation d'officine devait répondre à un besoin de population: une officine pour 2.500 habitants. Certaines en milieux ruraux rendent de vrais services mais fonctionnent mal, faute d'activité suffisante. La disparition de certaines engendrera la perte d'un service important pour les populations». Autre difficulté pour les pharmaciens qui souhaitent se lancer, les prix élevés des fonds de commerce qui dépendent des chiffres d'affaires et qui se sont maintenus malgré une baisse de la rentabilité. «Pour un jeune, c'est impossible de commencer en achetant directement une officine. La solution c'est d'entrer au capital d'une officine existante. Pour ma part, je me suis associé en 1999 et j'ai repris en 2007: une période qui m'a permis de trouver ma place et de gagner la confiance des banques». Les plus en difficulté sont les petites pharmacies, qui ne bénéficient pas de l'effet volume sur leurs achats. Mais, des solutions existent: transférer une officine vers une zone commerciale plus favorable (avec l'accord de l'ARS) ou se regrouper à plusieurs pour une meilleure maîtrise des coûts et charges en personnel.
La loi HPST
Même s'il concède que tous ne sont pas en difficulté et que certains: «s'en sortent très bien», Jean-Christophe Larant attend beaucoup de la loi HPST (hôpital, patient, santé, territoire) de 2009 qui doit permettre de proposer aux pharmaciens de nouvelles missions, gage de rétributions supplémentaires et du redéploiement de certaines compétences médicales: «Ce serait une bouffée d'oxygène et en même temps, une revalorisation du métier avec une meilleure visibilité de notre action de professionnels de santé. Une façon aussi de pallier à la désertification médicale en nous attribuant, par exemple, le suivi d'un patient chronique, ou des fonctions d'éducation thérapeutique des patients. De quoi faciliter la coopération entre professionnels de santé».
santé Selon une étude de la Coface, le secteur de la pharmacie serait en difficulté avec un nombre de fermetures d'officines qui augmente chaque année.