Ph : Stéfanini : «Privilégier les emplois locomotives»

Ph : Stéfanini : «Privilégier les emplois locomotives»

Investissements Le directeur de l'agence de développement Team Côte d'Azur fait le point sur les investissements d'entreprises en 2010 et sur son plan d'actions 2011.

A


vec 30 décisions d'implantation ou d'extension, représentant 96M€ d'investissement pour 621 emplois générés, le bilan 2010 est inférieur à celui de 2009. Quelle conclusion en tirez-vous?

Nous avons attiré en 2010 des entreprises plus jeunes et indépendantes. D'où des investissements productifs légèrement inférieurs à 2009 (116M€, ndlr), année caractérisée par l'arrivée d'entreprises leaders de leur secteur comme Intel ou Lundbeck. Mais il faut garder à l'esprit que les postes créés sont des postes à forte intensité capitalistique. Lorsqu'une entreprise réalise ici un centre de R & D, elle investit à peu près 150.000€ par poste, faisant ainsi travailler en cascade d'autres entreprises. Team se concentre donc, et les résultats 2010 le montrent, sur les emplois locomotives dans les segments des TIC, de la santé-biotech et de l'environnement.


Qu'est-ce qui a motivé leur décision d'implantation?

Pour 60% d'entre eux, la première motivation réside dans la mobilisation de leur écosystème. Le deuxième élément, c'est le recrutement. Le fait de sourcer des candidats potentiels, soit par le biais de cabinets de recrutement, soit par l'identification d'équipes licenciées représentant un savoir-faire et prêtes à être recrutées en groupe, joue un rôle dans leur décision.


D'où votre programme Sophia Antipolis Welcome Talents, lancé en collaboration avec la CCI.

En effet, nous devons faire la démonstration qu'en venant s'installer ici, une entreprise étrangère ne s'écarte pas de ses sources de recrutement, et que l'on fait partie des territoires connus et appréciés des jeunes talents. Nous avons donc mis au point une campagne internationale de recrutements collectifs avec 30 employeurs du département, essentiellement dans le domaine des TIC et de la santé, où l'on présente le type de postes à pourvoir de façon à ce que les jeunes scientifiques, ingénieurs et cadres européens et nord-américains puissent se projeter professionnellement ici.


Les investissements étrangers représentent 53% des investissements 2010. Quels sont-ils?

Les pays les plus émetteurs d'investissements en 2010 sont les États-Unis et le Royaume-Uni. Ce sont aussi les deux pays dont les entreprises sont les plus gros employeurs étrangers du département. Ce n'est pas neutre. Dans une période de sortie de crise, il faut bétonner ces territoires-là, d'autant qu'ils ont tendance à se tourner vers l'Asie, marché en pleine progression contrairement à l'Europe où la croissance stagne. Par contre, nous avons des atouts. Il y a un intérêt à venir s'installer ici. C'est le raisonnement d'Intel l'année dernière, qui avait besoin de concevoir des puces pour téléphones mobiles. Le groupe a mis 500 personnes dans la Silicon Valley, 500 à Bangalore et 50 à Sophia Antipolis. Parce que sur certains sujets de R & D, il vaut mieux être en France. On peut donc attirer des établissements nouveaux, qui ne viennent pas pour le marché européen mais pour les compétences européennes.


Quid des marchés émergents?

Nous avons des contacts avec la Chine et l'Inde, mais dans la plupart des cas, les investissements sont des reprises d'entreprises. Or, ce n'est pas notre métier, mais celui des banques d'affaires. On s'interroge plus sur le Brésil et la Turquie qui ont de bons produits de plus en plus présents en Europe, ce qui laisse à penser qu'ils viendront s'y installer. L'AFII (Agence française pour les investissements internationaux, ndlr) a ouvert des bureaux à São Paulo et Istanbul. Pour l'instant, on va les laisser avancer... Cela ne veut pas dire qu'on n'y investira pas dans l'avenir, mais pas au détriment de notre marché. Dans notre programme 2011, priorité est donnée aux États-Unis et à la Californie. C'est le premier territoire du monde pour les levées de fonds d'entreprises dans les éco-technologies, un de nos secteurs privilégiés avec les TIC et les biotechs.


Justement, dans votre plan d'actions 2011, vous prévoyez un travail particulier en direction des biotechs...

Le point faible du département, c'est l'absence d'immobilier d'entreprises biotechs. Nous avons des prospects, mais nous ne pouvons répondre qu'à ceux qui ont la taille nécessaire pour se lancer dans un programme de construction, ce qui écarte tous les autres. On a donc décidé, avec la CCI et le Conseil général, d'essayer de d'abord convaincre les investisseurs immobiliers de réaliser des immeubles pour ce type d'entreprises sur Sophia Antipolis, Grasse et l'Eco-Vallée. Les prospects suivront.




Autre action phare, le développement du marché des QG du e-business. Qu'entendez-vous par là?

Nice se structure avec l'Eco-Vallée et le Grand Arénas, dont le quartier d'affaires aura vocation à attirer des fonctions marketings, juridiques et commerciales. L'idée est de privilégier un secteur neuf et en forte croissance comme l'e-commerce, qui représente 3,7% du PIB français et 15% des emplois nouveaux créés. L'objectif est donc de constituer un écosystème en développant les entreprises e-commerce déjà présentes pour en attirer de nouvelles.