« Il y a un plan de casse de l'industrie sur l'agglomération organisé par les politiques et notamment les écolos », accuse Jean-Luc Brouté, délégué syndical CGT de Petroplus à Petit-Couronne, en cette fin de matinée pluvieuse du mardi 28 mai sur l'estrade de l'intersyndicale installée à l'entrée de la raffinerie. Et le délégué syndical d'égrainer la liste des sites de l'agglomération rouennaise touchés par les difficultés et plans sociaux : Saipol, GPN, Lohéac et bien sûr l'emblématique Petroplus.
La classe politique mise en cause
Pour Jean-Luc Brouté, pas de doute, depuis longtemps, la classe politique locale ne veut plus de l'industrie sur ses terres : « Une usine Osilub avait été refusée à Grand-Quevilly pour des raisons écologiques. Ca aurait dû nous mettre le doute au sujet de la volonté politique locale en matière d'industrie », assure-t-il. Leader de l'intersyndicale CGT-CFE/CGC-CFDT, Yvon Scornet interroge directement les membres du gouvernement et les promesses non tenues : « On a expliqué depuis un an que cette raffinerie est rentable. Il n'y a que les politiques qui ne le comprennent pas. Aujourd'hui, les politiques veulent valider la future décision de Total de fermer deux autres raffineries. Pour la première fois, on va passer le cap des 50 % d'importations. C'est inadmissible ! », s'indigne le syndicaliste. Et de mettre en cause les promesses non tenues par le gouvernement : « En janvier 2012, le candidat Hollande avait assuré qu'on serait un dossier prioritaire. Aujourd'hui, on ne les entend plus, ni Montebourg, ni le Président ».
Croire encore à un repreneur ?
Malgré la décision de prononcer la liquidation judiciaire de la raffinerie prise par le tribunal de commerce de Rouen, l'intersyndicale s'accroche à un espoir ténu : celui du repreneur providentiel. Yvon Scornet l'affirme : « J'ai des rendez-vous avec des repreneurs pour vérifier la véracité de leur déclaration ». Il met ainsi en avant la proposition d'un repreneur de rattacher d'autres sites en difficultés à Petroplus : « Dans les domaines du transport, du raffinage, du marketing », précise-t-il. Les syndicalistes affirment aussi que Murzuq Oil a passé un contrat avec le Congo pour alimenter la raffinerie et va disposer des 400 millions de dollars nécessaires pour déposer un dossier en juin.... « Il y a encore des repreneurs intéressés », veut croire à tout prix, Yvon Scornet.
raffinage. Très remontés, les salariés et syndicats de Petroplus à Petit-Couronne s'en prennent à la classe politique locale qu'ils accusent de vouloir casser l'industrie.