Pays de la Loire : Rechute ou reprise?
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Pays de la Loire : Rechute ou reprise?

Après une année noire, un certain nombre d'indicateurs économiques tendent à s'améliorer légèrement. Va-t-on vers une reprise ou risque-t-on la rechute? C'est tout l'enjeu des mois à venir. Stéphane Vandangeon

A-t-on atteint le point le plus bas? Est-on sur une pente ascendante ou risque-t-on de rechuter? Petite lueur d'espoir: un certain nombre d'indicateurs commencent à tendre, certes encore doucement, vers le vert. «Il y a un petit mieux au niveau des carnets de commandes. C'est ce qui peut laisser penser à une sortie de crise. Mais la situation reste très fragile: tous les secteurs ne sont pas concernés et l'activité tourne encore à un rythme beaucoup plus ralenti qu'à la normale», explique prudemment Catherine Boucher, directrice régionale de la Banque de France.




Très légère amélioration de la visibilité

Principal élément laissant présager une légère amélioration de l'activité: l'opinion qu'ont les chefs d'entreprise de leurs carnets de commandes. Celle-ci était au plus bas en avril et tend depuis à repartir à la hausse. Surtout dans l'agroalimentaire et les biens intermédiaires. Reste que cette estimation de l'activité future est très en deçà de ce qu'elle était avant la crise et d'une situation économique «normale». Surtout, les observateurs craignent que certains secteurs relativement épargnés jusqu'ici soient touchés de plein fouet. «Dans la navale ou les travaux publics par exemple, les cycles d'exploitation sont longs. L'impact de la crise sur les carnets de commandes ne se fait sentir qu'aujourd'hui», analyse Catherine Boucher. Cela pourrait provoquer une nouvelle envolée du chômage, en hausse de 33% dans la région depuis un an, et une recrudescence des défaillances d'entreprises, dont la croissance reste élevée (23% en octobre). Ce scénario catastrophe est pris très au sérieux. Notamment par les industriels de la mécanique, de la métallurgie et des biens d'équipement des Pays de la Loire qui, eux, ne voient pas l'ombre d'une reprise poindre à l'horizon.




«Une forte reprise»

Pourtant, certains croient dur comme fer à un redémarrage de l'activité. C'est ainsi le cas de Matthieu Grouès, prévisionniste au sein du groupe Lazard, spécialisé dans le conseil financier et la gestion d'actif (1.640 collaborateurs; 1,650Md€ de CA). Selon l'analyste, deux facteurs plaident pour une «forte reprise»: Dès le déclenchement de la crise, «les ajustements des entreprises ont été beaucoup trop forts. Le déstockage et la coupe des investissements ont été ultra-violents. Car, si la consommation a été déprimée au second semestre 2008, depuis dix mois, elle ne baisse plus». Les commandes de biens d'investissement retrouvent ainsi un niveau d'avant-crise en Allemagne, tandis que l'immobilier amorce un rebond aux États-Unis et en France. Dans les Pays de la Loire par exemple, les crédits à l'habitat ont progressé de 30% entre le premier et le deuxième trimestre. Encourageant, même si le niveau demeure inférieur de 30% à la même période de 2008. Deuxième élément positif: «le système financier s'améliore semaine après semaine, tout comme le crédit interbancaire», continue Matthieu Grouès, qui croit non seulement à un retour à la normale, mais plus encore en une «croissance durable». Reste à savoir quand cette reprise sera effective. Georges Pauget, directeur général de Crédit Agricole SA, ne croit pas à un redémarrage avant que le «chômage se stabilise et commence à diminuer». À quel horizon? «Je n'attends pas une inversion de la courbe avant la mi 2010», estime-t-il.




Jusqu'à quand les entreprises pourront tenir?

Cela fait dans cette perspective encore au minimum un semestre à se serrer la ceinture. Le tout est de savoir si les entreprises réussiront à le faire dans la durée. «Les entreprises qui étaient saines avant la crise sont plus fragiles aujourd'hui. Elles ont réduit leurs stocks, leurs effectifs, etc. Elles résistent. Mais, cette situation est difficile à tenir. Est-ce que le rythme de croissance va remonter suffisamment rapidement? Pour moi, c'est la principale interrogation du moment», résume Georges Pauget. La question est sur toutes les lèvres. Et bien malin celui qui s'aventure à y répondre avec certitude.

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