Pays d'Auray : L'industrie joue des coudes
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Pays d'Auray : L'industrie joue des coudes

Le "Made in France" se porte bien dans le pays d'Auray. Même si les industriels ont parfois du mal à s'épanouir sur un territoire avant tout touristique. Bien qu'arrivé à maturité, le tourisme continue d'ailleurs d'être, en creux, au coeur des préoccupations de chacun.

Auray n'est pas seulement la seule circonscription du département restée à droite lors des dernières législatives. C'est aussi un espace géographique dont le poumon reste le tourisme, avec ses postes peu qualifiés et faiblement rémunérateurs. Le secteur pèse 20% des emplois. Dans le pays d'Auray, l'emploi a progressé de 21% sur neuf ans. Malgré un taux de chômage de 9,2%, supérieur à la moyenne bretonne. Mais avec moins de chômage de longue durée du fait du recours aux saisonniers. Avec, pour la carte postale, les entreprises agroalimentaires familiales emblématiques telles que La Trinitaine à Saint-Philibert ou La Belle-Iloise à Quiberon.




L'emploi industriel progresse

D'autres jouent un rôle structurant pour le territoire, comme l'industriel Hill-Rom, expert en lits d'hôpitaux avec ses 467 personnes à Pluvigner. Auray est aussi une zone où l'emploi industriel progresse. «En dix ans, nous sommes passés de 3.730 à 3.870 emplois de ce type», note Yves Normand, vice-président en charge de l'économie au syndicat mixte du pays d'Auray et maire de LaTrinité-sur-Mer. «C'est 4% de croissance contre - 10% au niveau national.» Mais sur un espace enclavé contraint par la loi Littoral et où le foncier flambe, les industriels ont parfois du mal à réaliser leurs projets. «En 2008, j'avais acheté les bâtiments voisins. La crise m'a contraint à revendre», observe Jean-Pierre Kantemir à Auray qui exporte 80% de sa production, des moules pour tous types d'objets manufacturés. «Aujourd'hui, de nouveau, le besoin de nous agrandir se fait sentir. L'idéal ? Doubler notre surface de 3.000m² pour rationaliser notre circuit de production et réduire les coûts cachés. Mais difficile de mettre la main sur trois hectares ailleurs qu'à Ploërmel. Et pas question de faire la navette entre deux sites », note l'industriel actif depuis 40 ans et qui vient d'ailleurs d'injecter 1,2million d'euros dans une nouvelle machine.




Difficile de s'étendre

Christophe Cordès, président de Siepel, cherche pour sa part à s'étendre depuis plus de deux ans. Siepel est le dernier spécialiste français des cages de Faraday, moyens de mesure sophistiqués pour l'aérospatiale, les télécoms ou la défense. Et réalise près de 70% de ses prises de commande à l'export. Dans ses ateliers de LaTrinité-sur-Mer sont assemblés de monumentaux vantaux pour une cage de Faraday qui sera implantée sur un satellite. En arrière plan, une énorme arche graduée digne du film de science-fiction "Stargate". Et à deux pas, dans la zone de Kermarquer, le point noir. Un terrain en friche. «Il serait bon que les discussions autour de l'acquisition de ce terrain de 2.000m² puissent se finaliser car notre croissance en est partiellement freinée», remarque Christophe Cordès. «En tant qu'industriels, nous avons besoin d'ateliers de stockage. La mairie de LaTrinité-sur-Mer joue son rôle de soutien à notre égard mais elle a peu de pouvoir sur un propriétaire qui veut conserver un terrain dans l'attente hypothétique d'une plus-value.» Yves Normand lui, constate que «dans des cas trop nombreux les capacités de stockage grandissent au détriment de la création d'emplois. Le schéma de cohérence territoriale (Scot) devra être vigilant sur ce point. » Néanmoins, bien que positive, la croissance de l'emploi dans le tourisme marchand a été inférieure à celle de l'emploi total du territoire. Mais Yves Normand veut croire que «la crise économique va favoriser l'accueil de touristes sur notre pays.»




De Landévant à Quiberon

À l'autre bout du territoire, des PME plus modestes restent d'ailleurs cramponnées à l'eldorado touristique. «Les campings de la côte font partie de nos nouvelles cibles commerciales», avoue David Nivanen, spécialiste des abris et aménagements extérieurs en bois à Landévant. «Avec nos voisins les Chocolats Le Roux, nous captons pas mal de touristes. Je livre au moins une épicerie et un restaurant dans chaque ville du pays d'Auray», complète David Le Ruyet producteur de pâtes au blé tendre, lui aussi basé à Landévant. C'est là, près de l'embouchure de la Ria d'Étel, que le littoral quiberonnais fait encore le plus rêver. Et ici, au moins, l'espace ne manque pas. «Ce qui sera une contrainte pour le littoral doit pouvoir être une chance pour le rétro-littoral», résume Yves Normand.

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