L'allure sportive, le teint halé et un sourire franc vissé aux lèvres, l'homme qui nous accueille dans son bureau de LCM semble décontracté. Et pourtant, la tâche qu'il doit accomplir est immense, depuis qu'il a repris, en décembre 2009, la chaîne de télévision locale aux côtés de Bertrand Bigay. Mais pour ce Marseillais de 59 ans, qui confesse être «davantage un homme de ?coups? que de long terme», rien ne semble impossible. Car c'est bien cet esprit de challenge qui l'a guidé tout au long de son parcours professionnel. «J'ai avancé dans les affaires comme on avance dans le sport», confie-t-il. Retour sur les mille et une vies d'un entrepreneur de l'extrême.
Entrepreneur en série
«Je suis issu d'un milieu relativement aisé, dévoile-t-il. Mon père était chef d'entreprise, dans la réparation navale. Il a connu une période faste, mais aussi des moments plus compliqués. Mais je n'en ai pas réellement souffert. Mes parents ont su me protéger». De son parcours scolaire, Patrick Siri retient surtout son caractère plutôt dissipé: «J'étais très bagarreur. Dès qu'une bêtise était faite, on m'accusait. J'ai terminé mes années de collège en pension à Nice, après m'être fait renvoyer de Lacordaire pour ?mauvais esprit?». La suite de sa scolarité sera plus glorieuse, puisqu'après son baccalauréat scientifique, il a successivement obtenu une maîtrise d'économie, un DEA de droit des affaires et le diplôme de l'IAE d'Aix-en-Provence. «Je voulais devenir chef d'entreprise. Peut-être pour ressembler à mon père, qui était mon exemple... À vrai dire, je ne me suis pas vraiment posé la question. Les amis de mes parents étaient eux aussi des chefs d'entreprises...» Néanmoins, avant de se lancer dans l'aventure entrepreneuriale, Patric Siri a choisi de faire ses armes pendant huit ans en tant qu'ingénieur commercial grands comptes pour IBM. «Une excellente école..., commente-t-il avec le recul. Une manière d'appréhender les problématiques d'une très grande entreprise, tout en travaillant sur le commercial et la négociation. Mais dès le départ, je savais que cela ne serait qu'une étape pour moi. Cela ne me correspondait pas. J'ai démissionné pour ne pas tomber dans le piège du confort». C'est à cette époque que Patrick Siri rencontre celui qui deviendra son associé, Jean Vallier. Ensemble, ils fondent tout d'abord la société Propage, en 1985. «Nous fabriquions des petites valisettes en polypropylène, dans l'univers promotionnel. Nous nous trouvions au bon moment, au bon endroit. Le succès a été très rapide». Deux ans plus tard, fort de cette expérience, les deux hommes - rejoints par Éric Mas - fondent parallèlement l'agence de promotion des ventes Manille. «Mais je n'y étais pas opérationnel, confie Patrick Siri. Après la vente de Propage, en 1989, j'ai choisi d'investir pendant quelques années dans des réalisations immobilières, en tant que lotisseur». Mais très vite, le goût du challenge l'a conduit à reprendre puis à redresser une autre entreprise, spécialisée cette fois-ci dans le thermoformage industriel. Puis, changeant à nouveau radicalement d'univers, l'homme, qui avoue «s'ennuyer un peu sur le long terme», s'est alors à nouveau rapproché de ses associés historiques, afin d'imaginer de nouveaux outils marketing, notamment dans l'univers du couponing. Nouveau défi, nouveau succès.
A l'assaut des sommets
Mais après la vente de Manille, en 2000, Patrick Siri décide de «se retirer des affaires». « Je me suis entièrement consacré à ma passion de toujours, la montagne». Pendant des années, il affrontera les plus grands sommets du monde. «Au fond, dans ma vie, j'ai travaillé très dur, mais peu. Mon but a toujours été d'avoir suffisamment d'argent pour réaliser mes rêves». Une philosophie de vie qui ne l'a pas empêché de s'investir activement au sein du tribunal de commerce et de Provence Business Angels, et de répondre à nouveau à l'appel du challenge il y a quelques mois, en se plongeant dans un univers qui lui était là encore totalement inconnu. Celui de la télévision.
Serial entrepreneur, homme d'affaires avisé, passionné de montagne et sportif accompli, Patrick Siri reconnaît être un homme ?de coups?. Rencontre avec le président de Provence Business Angels, qui a repris la chaîne de télévision LCM avec Bertrand Bigay fin 2009.
Par Alexandre Léoty