Patrick Fournier : Comme dans un film

Patrick Fournier : Comme dans un film

Depuis qu'il a créé sa salle de lasergame en 1995 à Grenoble, son concept a fait des petits... avec aujourd'hui une soixantaine de salles en France. Autodidacte passionné de cinéma et de littérature, Patrick Fournier voudrait néanmoins passer à l'étape suivante. Vanessa Genin

Imaginez-vous en train d'esquiver des tirs lasers en courant dans un labyrinthe obscur... Excitation, suspense et gros fous rires sont au rendez-vous! Ce jeu, c'est le lasergame et c'est Patrick Fournier qui en est l'inventeur en France. Un entrepreneur autodidacte, passionné de cinéma et de littérature, qui a su devenir n°1 Français du lasergame. «Vers treize ou quatorze ans, j'ai vu un film sur des étudiants américains qui jouaient au paintball, se souvient Patrick Fournier. Depuis, je me suis toujours intéressé à ce type de loisirs.» C'est comme cela qu'il décide de créer un prototype du lasergame en 1994, avec un copain, dont le père est électronicien. Mais c'est en 1995 qu'il lance son affaire avec son père Louis et un autre associé, Régis Gouru. Avec leur propre matériel, ils ouvrent une salle de lasergame rue colonel Dumont à Grenoble. «Un concurrent s'est tout de suite installé à Grand-place, se souvient le président de Lasergame entreprise. Mais il s'est planté en six mois.» La recette, c'est qu'ici, ce n'est pas l'usine. Quitte à recevoir moins de monde, le lasergame veut donner la priorité à un accueil chaleureux. Patrick Fournier, qui n'a pas fait son service militaire, ne veut pas que le lasergame soit associé à un jeu de guerre. «C'est une activité ludique, insiste-t-il. On peut jouer en famille.»




Le cinéma espagnol

Se qualifiant volontiers de ?papa poule ?, il s'occupe d'ailleurs beaucoup de ses enfants de six et neuf ans, dès qu'il le peut, malgré ses nombreux déplacements. Et s'il n'a pas toujours pu prendre beaucoup de jours de vacances, il essaie désormais de s'accorder quatre semaines de congés par an. Et, de temps en temps, il part en famille pour un grand voyage, comme au Vietnam ou en Amérique centrale. Mais, au quotidien, c'est surtout chez lui qu'il laisse libre cours à son imagination grâce à sa passion du cinéma et de la littérature. «Mes réalisateurs préférés sont, entre autres, Woody Allen, Terry Gilliam, Guy Ritchie (cf. Snatch), Spike Lee, les frères Cohen, Quentin Tarantino, David Lynch, Lars von trier, Alejandro Amenabar, Almodovar, Julio Medem, Takeshi Kitano... Et je pense franchement qu'Alex de la Iglesia est un génie du cinéma espagnol. Il est drôle, innovant. J'adore ce qu'il fait!» Et quand on commence à parler de cinéma avec lui, les aiguilles de l'horloge passent à toute allure, tant il est intarissable sur le sujet! Si, avant, il allait au cinéma deux à trois fois par semaine, il doit plutôt se contenter aujourd'hui de deux ou trois fois par mois. Pour compenser, il s'est installé chez lui un ?home-cinéma? dans une salle dédiée.




Le melting-pot grenoblois

Et ses journées sont également ponctuées de ses nombreuses lectures, surtout des romans, des bandes dessinées, des mangas... Avec deux à trois bouquins entamés en même temps, Patrick Fournier dévore aussi bien les polars français ou américains, que de la science-fiction ou du roman d'aventure, «du moment que ça bouge». «Pour la BD, à Grenoble, c'est super. On peut vraiment bien être conseillé dans les librairies spécialisées.» Fier d'être Grenoblois, Patrick Fournier, apprécie notamment le melting-pot de la ville. «Chinois, Russes, Américains... Ici, on croise un tas de nationalités, assure le chef d'entreprise. Dans un même lieu, on peut voir un prof d'université discuter avec des gens qui n'ont pas fait d'études. Ca me plaît.» Sans pour autant tomber dans l'angélisme.