Patrick Caré : «Pas de faiblesses capitalistiques en Bretagne»
# Conjoncture

Patrick Caré : «Pas de faiblesses capitalistiques en Bretagne»

Entretien avec Patrick Caré, président de l'Union patronale interprofessionnelle de Bretagne (UPIB).


Si l'automobile et le BTP ont été frappés de plein fouet par la crise, les IAA s'en sortent mieux. Pourquoi?

Si l'agroalimentaire s'en sort mieux que l'automobile et le BTP, c'est avant tout parce que la demande est plus stable car elle répond à un besoin premier, celui de se nourrir. Cette baisse de l'activité de l'automobile et du BTP n'est donc pas due à des erreurs commises mais à une perte de confiance du consommateur qui a arbitré en faveur d'achats considérés par lui comme plus ?indispensables?.


Le recours à la médiation reste important en Bretagne. Pourquoi et quels remèdes proposer?

85% des dossiers concernent des entreprises de moins de 10 salariés. Cette situation reflète la surreprésentation des entreprises de moins de 10 salariés dans notre économie. Je ne crois pas que cette situation reflète d'éventuelles faiblesses bretonnes sur le plan capitalistique. Concernant le soutien aux entreprises frappées par la crise, il y a de toute évidence d'excellents dispositifs mais il apparaît que les entreprises les sollicitent trop peu. Quant au soutien des banques, les chefs d'entreprise nous indiquent que les chargés de clientèle qui les reçoivent sont trop prudents dans le soutien aux entreprises. Ils nous disent qu'il y a un manque de prise de risque. Cette perception, que je ne conteste pas, contraste avec le fait que nous avons quand même la chance en Bretagne de pouvoir compter sur un réseau de banques profondément ancrées sur le territoire, conscientes de leur responsabilité et désireuses de concourir au développement économique de la région.


Quelles sont les conditions d'une reprise pérenne?

Je pense que les réformes doivent se poursuivre pour alléger les contraintes fiscales, sociales, réglementaires, qui pèsent sur les entreprises. Je pense notamment aux entreprises industrielles directement confrontées à la concurrence internationale et à qui on ne donne pas les moyens de lutter à armes égales contre leurs concurrentes étrangères, par exemple allemandes, y compris sur le marché intérieur. Pour ce qui est de la Bretagne, les atouts sont nombreux. Je citerais ses centres de recherches et d'innovation. Le dynamisme de nos pôles de compétitivité montre combien nous sommes capables de nous mobiliser tous ensemble, entreprises, centres de recherche, pouvoirs publics, etc. pour faire émerger des projets innovants générateurs d'activité. Nous attendons des États Généraux de l'Industrie, au sein desquels nous nous mobiliserons fortement dans les jours et les semaines qui viennent, qu'ils permettent de faire émerger des idées nouvelles facteurs de développement économiques au bénéfice de toute la Bretagne.

# Conjoncture