Ça y est ! La transmission est définitivement actée. Marie-José, François et Hervé Passenaud possèdent à eux trois l'intégralité des parts de l'entreprise créée par leur père François lors de son implantation à Champagné en 1975. Si la procédure a demandé du temps, (en cours depuis 2003), la volonté de la réaliser de manière progressive et sérieuse émanait de la fratrie qui souhaitait mettre toutes les chances de son côté pour pérenniser le groupe et assurer son indépendance. Pari réussi pour la quatrième génération de ferrailleurs qui vient de connaître la plus forte crise de son histoire.
Un marché en net recul
Le groupe Passenaud est spécialisé dans le traitement, la transformation et la revente de déchets industriels ferreux (véhicules hors d'usage, ferrailles, charpentes métalliques) et non ferreux (aluminium, cuivre, chrome, laiton). Des matières premières dont le cours s'est effondré en 2008, annonçant ainsi une grave crise industrielle qui a touché le monde entier. «Nous sommes en amont de toute activité industrielle, aussi la crise nous l'avons senti et vécu plusieurs mois avant les autres», explique Marie-José Passenaud, qui se souvient encore expliquer à des amis chefs d'entreprises qu'une grave crise se profilait alors que ceux-ci ne se sentaient pas concernés.
Attentifs aux opportunités
Ce qui a sauvé l'entreprise pendant ces deux années difficiles de2008 et2009 ? Sans doute son statut de PME familiale où les décisions peuvent être prises de façon rapide, efficace mais avec la prudence «d'un bon père de famille». Par ailleurs, du fait de la transition familiale en cours, le groupe Passenaud avait stoppé sa croissance externe en 2000, quand d'autres se sont développés au prix fort, durant une période de spéculation intense. Résultat, le groupe Passenaud affirme aujourd'hui qu'il est sain. L'outil de production a été progressivement renouvelé ces dernières années (4 à 5millions d'euros d'investissements chaque année), et les trois dirigeants, qui constatent une reprise de la demande, sont prêts à reprendre une politique de croissance externe. Une condition néanmoins, rester dans le grand Ouest afin de préserver la proximité et le contact avec les salariés. «Mes frères et moi allons régulièrement sur chacun de nos sites, au nombre de huit aujourd'hui». Outre les trois sites sarthois, dont celui de Champagné qui seul assure la production et la transformation, Passenaud possède des sites de traitement et de tris dans les départements limitrophes (53, 27, 14, 35, 41) et compte au total 130 salariés.
Traitement de tous les déchets
En plus du traitement de la ferraille, Passenaud a développé également une activité de traitement de déchets industriels (bois, papier, plastique, déchets dangereux). Le groupe a ainsi étoffé son offre en proposant aux clients le traitement de l'ensemble de ses déchets. C'était aussi une occasion d'aller sur le terrain des grands groupes qui de leur côté se sont intéressés au marché de la ferraille, «la concurrence est encore plus rude depuis la crise». Ces activités, qui représentent 15% du chiffre d'affaires aujourd'hui, «nous ont permis de limiter les dégâts face à la baisse de notre activité principale», reprend Marie-José Passenaud, dont l'entreprise annonce un CA de 54M€ pour 2008-2009 (74M€ en 2007-2008). Le prochain objectif des dirigeants est de poursuivre le développement de ces prestations de traitement notamment pour les déchets ultimes. Le site de Champagné, qui s'étend sur 19 hectares dont 10 sont exploités aujourd'hui, permet à la fratrie d'envisager sereinement son développement. Les projets pour 2010 et l'optimisme du trio de dirigeants quant à l'avenir du groupe, laisse à penser que la reprise est bel et bien là ! Foi de ferrailleur !
Implanté à Champagné depuis 1975, le groupe Passenaud est avant tout une saga familiale. La quatrième génération prend les rênes de l'entreprise de recyclage industriel et compte bien poursuivre le développement en 2010 en multipliant les projets.
Par Bérengère de Portzamparc