Philippe Loiseau,
président de Syleps à Lorient
Comment se traduit l'innovation chez Syleps?
D'abord par de l'innovation produit. Nous avons une forte population d'ingénieurs parmi nous et nous ne manquons donc pas de créativité. Nous préparons la "V2" d'un convoyeur, une sorte de tapis roulant
très modulaire, véritable jeu de lego qui existe en composite et en aluminium et pour lequel nous avons été soutenus par Oséo. Il nous a valu le prix du design industriel il y a deux ans. Autre innovation, notre "flexi shuttle", qui peut atteindre de deux à sept niveaux en hauteur. Sans oublier notre progiciel qui en est sa douzième version. Le service recherche et développement pèse entre 8 et 10% de notre chiffre d'affaires.
Comment protégez-vous vos brevets?
Nous brevetons tout ce qui est possible. Concrètement, nous avons un conseil spécialisé en dépôts de brevets à qui nous exposons nos projets: il réalise alors les recherches d'antériorité. Sur la partie logiciels, ce n'est pas une bonne option de trop protéger. Les machines en elles-mêmes ne sont pas brevetables mais nous en avons breveté des points clés. Je ne suis pas omnibulé non plus par la copie, je ne vois pas ça non plus comme une agression perpétuelle. Si c'est copié, cela veut bien dire que c'est bon.
L'innovation se limite-t-elle aux produits?
J'observe que pour les méthodes de travail, le management, la partie commerciale, l'inertie est plus forte. Pour le grand export, nous avons néanmoins créé Syleps International, dans un esprit de réseau avec d'autres entreprises. Une logique participative qui s'adapte aux pays, aux produits, aux offres. Côté management, pour nos240 salariés avec les filiales, je veux une structure la plus humaine et la plus efficace possible. Un vrai chantier de R & D englobant tout ce qui relève de la reconnaissance du travail des salariés et qui ne passe pas obligatoirement par le financier.
- Témoignage