De petites déformations mécaniques peuvent précéder l’usure des outils et les dérives de procédé. Ces phénomènes sont difficiles à repérer sans capteur placé près de leur source, explique Wormsensing. Issue du CEA-Leti, l’entreprise avait levé 3,5 M€ en 2022, lors d’un premier tour destiné à financer son industrialisation.
Orano Venture Fund en chef de file
Orano Venture Fund, géré par Supernova Invest, conduit le tour. Le Fonds Régional Avenir Industrie Auvergne-Rhône-Alpes, conseillé par UI Investissement, y participe. Le fonds French Tech Seed, géré par Bpifrance pour le compte de l’État dans le cadre de France 2030, y prend aussi part. CEA Investissement, KBC Focus Fund et Innovacom, qui avaient déjà investi dans la société, complètent le tour de table.
François Breniaux, general partner de Supernova Invest, juge que les résultats obtenus par les clients de Wormsensing montrent le potentiel de ses solutions. Il se dit convaincu que cette technologie deviendra un standard de l’industrie.
Un capteur piézoélectrique fabriqué en France
Wormsensing développe le capteur piézoélectrique Dragonfly, fixé directement sur une structure pour en mesurer la déformation dynamique. Selon l’entreprise, sa technologie est jusqu’à 1 000 fois plus sensible et couvre une plage de fréquences très étendue. Ces caractéristiques permettraient d’identifier plus tôt des défauts mécaniques, parfois invisibles pour les technologies conventionnelles.
Ses solutions procureraient en moyenne environ 100 000 € de gains opérationnels annuels par machine, selon Wormsensing. L’entreprise cite une baisse de 60 à 99 % des arrêts non planifiés et de 50 à 99 % des rebuts et retouches. Elle annonce aussi une durée de vie des pièces d’usure allongée jusqu’à 250 %.
Wormsensing exploite en France sa propre ligne de production, baptisée Hyperion, d’une capacité maximale annoncée de deux millions de capteurs par an. L’entreprise fait aussi état de 50 brevets et de certifications ISO 9001 et ISO 14001.
Europe, Amérique du Nord et Asie visées
En Europe, en Amérique du Nord et en Asie, Wormsensing prévoit de renforcer sa présence commerciale. Elle compte élargir son réseau de distributeurs, d’intégrateurs et de partenaires, et réunir les compétences applicatives, techniques et commerciales nécessaires pour accompagner ses clients.
L’industrie manufacturière reste son premier terrain de déploiement, aux côtés de l’énergie, de la robotique et de l’aérospatial.
Au-delà du capteur, l’entreprise a conçu des solutions de suivi destinées aux équipes de maintenance, d’exploitation et d’ingénierie de fabrication. Elles associent la numérisation du signal à des indicateurs adaptés à chaque application. La levée de fonds doit permettre de poursuivre leur développement, de simplifier leur intégration aux équipements industriels et de faciliter l’accès des clients aux données de mesure.
Jean-Sébastien Moulet, cofondateur et CEO de Wormsensing, explique pourquoi l’entreprise s’estime prête à changer d’échelle : « Notre procédé de production de capteurs est qualifié, nos solutions de suivi ont fait leurs preuves et nos clients de l’automobile et de l’aéronautique en ont mesuré les bénéfices sur le terrain ».